Chronobiologie, horloges, rythmes de vie et chronopharmacie

Publié le par Anne et Cat

 

Qu’est-ce qui fait que les poules se couchent…comme des poules et que les chouettes chassent de nuit ?

 

Les horloges.

 

Mais celles-là n’ont pas de rouages, ni de piles. Ce sont des horloges biologiques présentes dans tout organisme, le nôtre comme celui de nos animaux. Leur étude constitue la chronobiologie.

 

Leur principale fonction serait d’adapter l’organisme aux signaux périodiques qui proviennent de l’environnement (alternance du jour et de la nuit, rythmes alimentaires ou encore sociaux) et d'entraîner de nombreux processus parmi lesquels l'alternance veille/sommeil, la régulation de la température corporelle, la régulation des fonctions neuroendocriniennes ou digestives.

 

Chez les mammifères, une douzaine de gènes participent à la boucle rétroactive de régulation qui définit une horloge.

 

En fait, il n’y a pas une horloge comme nous avons une montre. Il y a une horloge qui rythme l’ensemble de l’organisme et d’autres qui rythment un organe ou un groupe d’organes. Chez les mammifères, l’horloge centrale se situe dans les noyaux suprachiasmatiques de l’hypothalamus (localisés à la base du cerveau).

 

Comme les cambrioleurs dans tout bon film policier, pour que tout se déroule bien, il faut synchroniser les montres. Pour les organismes vivants, c’est l’environnement qui sert de synchroniseur. Par exemple, le lever du jour.

 

En effet, l’alternance jour-nuit aurait rythmé l'organisation de la vie sur Terre. Ainsi, au fil du temps, les rythmes circadiens ont été intégrés au niveau du génome dans un système appelé horloge circadienne (ou oscillateur circadien). Son influence sur le cycle du sommeil a des conséquences profondes sur la qualité de vie et la faculté de récupération à l'effort. Ainsi, si vous faites travailler un animal à une heure où il devrait se reposer (reprises le soir pour les chevaux, courses en nocturne, chiens de surveillance, jeu avec des hamsters nains russe à l’heure de midi), il fatiguera davantage.

 

Cette imprégnation est tellement profonde qu’on la retrouve jusqu’au niveau cellulaire. Les horloges continuent à fonctionner en l’absence de tout synchronisateur comme l’ont démontré les expériences dans des grottes. Mais évidemment, elles ont alors tendance à se décaler.

 

Chaque organe ayant son propre rythme, il peut dans certains cas faire plus ou moins la sourde oreille vis-à-vis de l’horloge centrale. C’est par exemple le cas lors d’une greffe où les organes mettent plus ou moins de temps à prendre le rythme général de leur nouvel hôte.

 

D’autre part, certains organes sont plus actifs à certaines heures et plus tolérants à d’autres. D’où la chronopharmacie qui consiste à administrer un médicament à l’heure où il aura le plus d’action et le moins d’effets secondaires.

 

Ce rythme est donc inscrit dans nos gènes… alors pas de culpabilité si vous êtes du matin ou du soir : ce n’est pas un choix personnel… respectez donc, autant que faire se peut vos pannes d’oreiller.

 

Cat

 

Sources :

Article de PlosOne 

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