Erreurs d'alimentation de la femelle reproductrice et conséquences sur le foetus

Publié le par Anne et Cat

 

Quand la vie commence, elle n'est pas grand chose : une petite cellule qui va prendre de l'importance au moment où elle va fusionner avec une autre.

 

Ces deux petites cellules, vous les aurez reconnues, mais c'est celle de la mère, l'ovule, qui nous intéressera plus particulièrement.

 

En effet, si le spermatozoïde (cellule du père) amène le matériel génétique, c'est grâce aux molécules de l'ovule que tout va pouvoir commencer.

 

Et cette petite cellule qu'est l'ovule, comme toutes les cellules de la mère, dépend du corps de celle-ci pour vivre. Et notamment des nutriments (minéraux, protéines, lipides, glucides, vitamines) qu'elle pourra en obtenir.

 

Si bien qu'avant même la fécondation, l'alimentation influence le futur du jeune à naître.

 

Mieux encore, c'est l'alimentation de la grand-mère du jeune au cours de sa gestation qui va influencer la possibilité de procréer de la future mère et la façon dont va se passer sa propre gestation. Donc si la vie du futur jeune à naître sera correcte.

 

Car l'influence de l'alimentation ne s'arrête pas à la phase de croissance de l'ovule, elle va couvrir l'ensemble de la gestation et avoir des conséquences parfois dramatiques, parfois bénéfiques sur la vie adulte du jeune à naître.

 

Reprenons donc notre chemin et notre ovule. Toutes les conséquences pathologiques citées par la suite ne concerneront que le jeune à naître et pour certaines n'apparaitront qu'à l'âge adulte.

 

Notre ovule ayant des problèmes nutritionnels avant la fécondation nous donnera un foetus chétif, plus petit que la moyenne. Mais si le problème se cantonne à ce moment-là, les principales pathologies sur le petit seront évitées. Notre petit fœtus deviendra donc un petit nouveau-né qui grandira comme les autres, sans pathologie particulière.

 

Juste après la fécondation, dans les quelques jours qui la suivent, la malnutrition a des conséquences pathologiques nettement plus marquées sur le jeune devenu adulte : hypertension, diabète de type 2, obésité, diminution de l'espérance de vie. Le fœtus sera également chétif.

 

A cet instant, on peut donc avoir deux jeunes nés chétifs dont l'un aura de sérieux problèmes une fois adulte tandis que l'autre sera en parfaite santé. Et tout cela ne dépend que de l'instant où la malnutrition a lieu.

 

Un résultat confirmé par des recherches mais tout à fait paradoxal : si maintenant, nous avons à la fois une malnutrition de l'ovule ET une du tout jeune fœtus (seulement les premiers jours), nous obtiendrons un fœtus de taille normale.

 

Pourtant, il sera sensible à tout type de stress pendant la gestation (avortement fréquents) et s'il nait développera un adulte ayant des problèmes neurologiques et hormonaux.

 

Le comportement en sera très bouleversé avec comme caractéristique principale, chez le mouton, l'incapacité d'avoir une peur prolongée.

 

Un mouton, ayant subit de tels problèmes, mis seul dans un enclos 5 minutes aura une période de stress intense suivie presque immédiatement d'un calme olympien (ce qui est totalement anormal pour cette espèce). Ce calme apparent est en fait une absence de réaction, une apathie de l'animal. D'autres conséquences comportementales ont été constatées mais elles sont moins faciles à identifier.

 

Continuons nos hypothèses.

 

Notre ovule est bien nourri mais après la fécondation, tout bascule. La malnutrition dure jusqu'au milieu de la gestation. On obtient alors un foetus de taille normale mais avec des conséquences comme l'obésité et des difficultés pour se reproduire chez les femelles pouvant aller jusqu'à une stérilité complète.

 

Prenons à présent le cas d'un ovule et d'un foetus qui sont bien nourris jusqu'au dernier tiers de gestation, on a alors deux possibilités :

  • Si une malnutrition continue est observée jusqu'à la naissance du jeune, les conséquences sont un diabète de type 2 et une atrophie cardiaque.

  • Si la malnutrition n'est pas continue mais concerne que certains moments en laissant à d'autres moments une nutrition correcte à disposition du foetus. Le jeune aura des problèmes métaboliques, de stérilité, de comportement et d'allergie.

 

Mais parfois, le problème n'est pas limité à quelques mois et s'observe toute la gestation et était même présent avant la gestation. On a alors sur le jeune des problèmes d'hypertension, de diabète de type 2, d'obésité, de digestion.

 

Comment éviter ces problèmes sur le jeune ?

 

Facile me direz-vous, il suffit de bien nourrir la mère. Ce n'est pourtant pas si simple.

 

La nutrition de l'ovule puis du fœtus dépend de l'alimentation de la mère mais pas seulement, elle dépend aussi :

 

  • du flux sanguin entre l'utérus et l'ombilic : des vaisseaux sanguins de la mère (des vaisseaux trop lâches diminuent la pression et ralentissent le sang), de la fluidité de son sang (plus un fluide est épais, plus il coule lentement), de son cœur (si la pompe est faible, le débit sera lent), de son activité physique (l'activité physique entraîne une augmentation du flux sanguin), des muscles de la mère (leur contraction augmente le flux sanguin) ;

  • des transports via le placenta : un placenta décollé ou mal formé donnera un échange de nutriments déficient ;

  • des métabolismes du placenta et du fœtus : le placenta en tant qu'ensemble de cellules consomme une partie des ressources destinées au fœtus et peut complètement l'occulter si le manque est trop important, de plus, un fœtus n'a pas forcément les mêmes besoins que son homologue et son métabolisme peut être déficient en certains points.

 

Et au-delà de toutes ces considérations, on ne contrôle pas toujours tout, par exemple :

 

  • la venue d'une gestation,

  • l'état de la mère si on est pas propriétaire ou en cas de sauvetage,

  • un problème pathologique qui influence son état,

  • la croissance de la mère,

  • ...

 

Mais si vous avez une gestation où visiblement ce n'était pas au top. Il ne faut surtout pas considérer que le jeune doit rattraper le temps ou sa croissance en le nourrissant en aliments trop riches en lipides. Car si une malnutrition protéique (ce qui est très fréquent) était la cause du problème, cette nourriture riche en lipides augmentera les symptômes et les pathologies du petit. On aura ainsi provoqué le problème au lieu de l'éviter.

 

Une gestation, ça se prépare, ça s'anticipe et ça se réfléchit !

ombre poulain et meneur

 

A bientôt,

Anne

Publié dans Alimentation, Ration