Etape 5 : Comment rectifier la ration de mon cheval (poney ou âne) ?

Publié le par Anne et Cat

 

 

Retournons-nous sur les étapes de notre long parcours :

 

D’abord les grands principes de l’établissement d’une ration.

Puis l’état des lieux du cheval, ce qu’il est, ce qu’on lui demande.

Ensuite l’estimation des besoins qui en découlent.

Le calcul de ce qu’il reçoit actuellement.

La comparaison entre ses besoins et ce qu’il reçoit.

 

Et si vous revenez en 5ème étape, c’est que vous avez constaté qu’il y a des différences entre ce qu’il reçoit et ses besoins.

 

Le raisonnement se fait en deux temps : les composants majeurs de la ration, puis les minéraux.

 

Les composants majeurs de la ration

 

La première chose à regarder ce sont si les apports UFC (énergie) et en MADC (azote sous forme de protéines ou non) sont corrects (et les rapports correspondants).

 

Si cela colle, c’est que les grands aliments de votre ration sont correctement équilibrés.

 

Sinon, plusieurs solutions s’offrent à vous :

 

- Distribuer plus ou moins d’un composant. Par exemple, mettre 1,5 kg de concentré au lieu de 1 kg.

 

- Modifier les proportions entre les différents constituants de votre ration. Par exemple plus de foin et moins de concentré.

 

- Remplacer un aliment. Dans la pratique, il s’agit surtout de changer de concentré et notamment de granulé. Par exemple passer d’un granulé « élevage » à un granulé « standard ».

 

- Introduire un nouvel aliment. Cela peut être : distribuer de la paille, donner un concentré en plus, quelques betteraves….

 

Tout cela exige d’avoir des idées générales sur les aliments :

 

  • Peu d’énergie, peu d’azote : pailles (permet diminuer la concentration énergétique de la ration).
  • Aliment moyen : foin (plus d’azote si c’est un foin de luzerne)
  • Beaucoup d’énergie : céréales
  • Rien que de l’énergie : huiles
  • Protéines de qualité mais aussi pas mal d’énergie : tourteaux

 

Il existe une méthode graphique pour déterminer les rapports entre deux composants d’une ration mais personnellement, je préfère la méthode par tâtonnement… parce que si le résultat de vos beaux calculs dit qu’il faut lui donner 2,64 kg d’aliment…

 

Pour tâtonner, les tableurs type Excel sont souvent d’un grand secours mais si vous êtes fâché avec l’informatique dites-vous que je l’ai fait à la main pendant 20 ans.

 

C’est à ce niveau-là que vous pouvez par exemple privilégier telle ou telle source d’énergie pour des raisons digestives, sanitaires ou parce que votre cheval a un problème particulier déterminé à l’étape 1.

 

Les minéraux

 

Une fois que vous avez déterminé la nouvelle ration, vous faites un recalcul complet avec les nouvelles quantités. Évidemment tous vos changements auront entraîné des modifications parfois très importantes dans les minéraux que vous apportez.

 

Il faut alors déterminer les éventuelles carences ou les éventuels excès. En général, un complément minéral permet de les corriger. Dans un certain nombre de cas, ce n’est pas possible. Il faut alors reprendre votre ration de base pour arriver à une solution jouable.

 

Nota : vous pouvez choisir de tout faire soit avec des aliments « bruts » comme le foin ou l’avoine soit avec des mélanges tout faits du commerce. Mais pour ce qui est des compléments minéraux, le mélange « maison » n’est pas possible. L’achat est donc quasi incontournable.

 

Et pour la suite ?...

 

Voilà, c’est fait. Vous avez une ration équilibrée au poil dont vous pouvez être fier.

 

Vous la donnez à votre cheval en respectant une transition de 10 jours au moins si la modification est nette… Naturellement, si vous avez simplement rajouté une cuillère d’huile et 10 grammes de minéraux, ce n’est pas la peine.

 

Et vous vous lovez sur votre canapé, les doigts de pieds en éventail, heureux et fier du travail accompli.

 

C’est fini… N I NI ?

 

Et bien non. Parce que « c’est l’œil de l’éleveur qui engraisse le cheval ».

 

Vous distribuez votre ration pendant 15 jours à un mois et vous surveillez votre cheval comme le lait sur le feu.

 

Il va bien, il pète la forme, il ne grossit pas, il ne maigrit pas (sauf si c’est le but de l’opération)… vous restez les fesses sur votre canapé à siroter.

 

Il évolue dans un sens non prévu au programme… vous réajustez la ration. En général, pour garder les grands équilibres, on rajoute ou on enlève 5 % partout (sauf complément minéral) et on voit ce que cela donne.

 

En effet, le calcul ne permet pas de prendre en compte les différences entre les individus, les climats, les conditions de vie…

 

Un cheval en hiver en Loire-Atlantique a moins d’énergie à dépenser pour maintenir sa température corporelle que son collègue dans le Doubs ! Dans ce cas, un petit supplément d’énergie est le bienvenu.

 

J’espère que cette série d’articles vous a intéressés. J’ai conscience que c’est un peu technique mais on s’appelle Techniques d’élevage alors…

 

Et puis je vous avais prévenus. Maintenant, vous chanterez avec moi : « Qu’il est long, qu’il est loin ton chemin, Cat, c’est vraiment fatiguant d’aller où tu vas. »

 

Cat

 

Poulain au pâturage