Évaluer l’état respiratoire d’un cheval : le test du cornage

Publié le par Anne Cat et François

 

On pense souvent qu’un bilan vétérinaire est indispensable pour évaluer l’état respiratoire d’un cheval. Certes. Mais si des investigations précises réalisées par l’homme (ou la femme) de l’art sont nécessaires à un bilan complet, le cavalier ou le propriétaire peuvent s’en faire une première idée en utilisant le test classique du cornage.

 

Il est ainsi possible, simplement, de connaître l’évolution d’un cheval en fonction de l’entraînement ou d’une pathologie.

 

Pour préciser les choses, le cornage est un sifflement plus ou moins sonore, à l'inspiration, perceptible après un effort d’une durée variable. Dans les cas graves, on a des signes d’étouffement dès que l’allure est accusée et prolongée, susceptibles d’aller jusqu’à l’asphyxie et la chute au sol. Mais évidemment, dans ce test, on ne va jamais jusqu’à là !

 

Le cornage est dû à un obstacle au passage de l’air. La détermination de la nature de l’obstacle demande des investigations plus poussées.

 

Le cornage peut être aigu c'est-à-dire lié à une inflammation type angine ou abcès, ou chronique et à ce moment-là c'est un vice rédhibitoire (qui permet d’annuler une vente).

 

De ce fait, un test a été standardisé pour permettre de faire un point sur le cornage mais aussi dans la pratique courante sur l'état respiratoire du cheval. Cela peut donc aussi permettre d'évaluer un cheval emphysémateux par exemple.

 

Si on a l'ombre d'un doute, on prend la température du cheval pour vérifier qu'il n'est pas malade ce qui pourrait évidemment tout fausser.

 

On le met dans un cercle ou à la longe, en liberté ou avec un caveçon fixé haut. Il faut faire très attention que rien ne gène la respiration donc sous-gorge très lâche et muserolle haute ou absente. Évidemment, port de tête libre donc pas d'enrênements et montage de la longe sans passer par un surfaix (pas de surfaix d'ailleurs).

 

On prend le rythme respiratoire (on peut si on veut prendre aussi le rythme cardiaque) au repos. Puis on demande 12 tours de galop actif. On écoute attentivement le bruit pendant le galop pour savoir s'il est normal sachant qu'un sujet qui n'a aucun entraînement peut avoir une respiration forte mais sans sifflement.

 

On arrête le cheval et on reprend les rythmes.

 

On le fait marcher en main 5 minutes et on reprend les rythmes.

 

On continue la procédure jusqu'à être arrivé au rythme de repos ou presque.

 

Même procédure à l'autre main.

 

Comme je l'ai dit, le cornage s'évalue au bruit. Le reste permet d'avoir une idée de l'entraînement du cheval et de sa capacité de récupération. Si le cœur fait bien son boulot et qu'il ventile bien, il récupérera plus vite.

 

Donc, avec cette méthode, on peut juger de l'évolution d'un cheval que l'on met au travail et des progrès qu'il fait de façon objective en le refaisant à intervalles réguliers.

 

Si on le fait pour savoir dans quelle mesure un cheval est gêné par son emphysème, évidemment, on ne le fait pas dans un manège qui a une atmosphère digne du fog de Londres !

 

Une autre mesure qui est intéressante pour un cheval qu'on entraîne est de savoir combien de temps il met pour faire ses 12 tours en le poussant toujours de la même façon. Au fur et à mesure qu'il prendra du muscle et de la forme, il sera plus généreux et aura plus tendance à accélérer.

 

Évidemment, on note tout bien soigneusement. On trace la courbe de récupération. Au passage on vérifie qu'on a des données concordantes à droite et à gauche (un cheval qui a un problème peut se retenir ou se crisper d'un côté). Et on compare au fur et à mesure des mois.

 

A bientôt.

 

Cat

 

Naseau cheval gris. Copyright Techniques elevage nantes