Gérer au mieux l’herbe de printemps

Publié le par Anne et Cat

Bientôt le printemps et nous allons pouvoir (enfin) remettre nos animaux à l’herbe. Ils sont impatients nous aussi !

 

Mais l’herbe de printemps est une toute jeune herbe en pleine croissance ce qui a quelques conséquences pour la protection du consommateur, fut-il à quatre pattes.

 

Quelques rappels sur la croissance d’une graminée (après la germination de la graine) :

 

  • Stade végétatif : la plante produit ses tiges et ses feuilles.

 

  • Puis commence le stade reproductif caractérisé par la formation puis l’apparition de l’épi.

 

Stade montaison : le jeune épi est formé à l’intérieur de la plante, puis monte à l’intérieur de la gaine.

Stade épiaison : l’épi apparaît. Les feuilles régressent.

 

  • Si la première fauche (ou le premier coup de dent) de l’année sectionne l’épi, il ne se reformera pas. Les cycles suivants seront donc uniquement végétatifs.

 

Maintenant quelques idées générales, histoire de s’y retrouver :

 

  • Les tiges servent de soutien à la plante. Elles apportent donc surtout des fibres (cellulose, hémicellulose, lignine) et sont peu digestibles. Plus une plante est rigide, plus elle est riche en fibres et moins elle est nutritive.

 

  • Les feuilles sont les lieux de synthèse de la plante. Elles sont riches en azote et plus pauvres en fibres que les tiges. Elles sont donc plus digestibles.

 

  • Les graines sont des organes de stockage pour la future plante. Donc l’épi est riche en énergie.

 

Revenons à notre herbe de printemps !

 

La plante reprenant son développement, elle se gorge d’eau. Cela explique son appétence après le foin de l’hiver mais c’est comme la salade, cela remplit l’estomac en nourrissant peu. La consommation totale de nutriments est donc d’autant plus limitée que l’herbe est plus jeune.

 

D’autre part, la plante absorbe l’azote de la terre qu’elle va ensuite transformer en protéines. Si elle est mangée avant d’avoir eu le temps de le faire, elle va être très riche en azote non protéique. Si on attend un peu plus, elle aura eu le temps de faire pas mal de feuilles donc elle sera riche en azote aussi mais plus élaboré. Ce phénomène est accentué par la fertilisation azotée.

 

Par contre, l’épi n’est pas formé. Donc peu d’apport en énergie. Et il y a peu de tiges, donc peu de tissus de soutien, donc peu de fibres. En outre, elle est déséquilibrée en minéraux : excès de potassium, carences en magnésium et sodium.

 

Tous ces facteurs sont cause des fameuses diarrhées de mise à l’herbe. Il peut également en résulter une sous-alimentation et un amaigrissement alors qu’on a l’impression que l’abondance règne.

 

D’où une supplémentation nécessaire. A ce stade, il faut :

 

  • apporter des aliments riches en glucides et cellulose (avoine, orge) facilement assimilables car les microorganismes du rumen (pour les ruminants) et du cæcum ont besoin d’azote ET d’énergie pour effectuer leurs synthèses. Sinon on s’expose à un déséquilibre de la flore digestive (dysmicrobisme) qui provoque notamment des coliques chez le cheval.  

 

  • limiter certains animaux qui ont tendance à prendre du poids.

 

  • apporter éventuellement des fibres au moins les 15 premiers jours de la mise à l’herbe (foin, paille).

 

  • apporter un complément minéral vitaminé adapté.

 

  • Et évidemment mais cela je ne le dirai jamais assez : respecter une transition !

 

Et puis surveiller les parcelles comme le lait sur le feu parce que tout cela peut évoluer très vite et différemment suivant les années et les parcelles et qu’il faudra donc jouer sur la complémentation… au pif, il faut bien l’avouer mais avec un pif raisonné !

 

Cat

 

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