Influence de la présence de l'Homme sur les animaux sauvages rescapés

Publié le par Anne Cat et François

 

Positive ou négative ? L'influence de la présence de l'Homme et surtout l'imprégnation qui en résulte sont souvent montrées du doigt comme facteur de mortalité dans les sauvetages d'animaux sauvages mais qu'en est-il vraiment ?

 

Effectivement, l'Homme n'est pas capable de remplacer les parents ou les congénères d'un animal quel qu'il soit. Il convient donc toujours de s'assurer de la détresse d'un individu et de son isolement vis-à-vis de ses congénères avant d'intervenir.

 

Mais quand il n'y a plus que l'Homme, doit-on adopter une attitude discrète ? Doit-on éviter ou provoquer délibérément l'imprégnation ?

 

Certains vous diront que l'imprégnation est néfaste au retour à la vie sauvage dans tous les cas. D'autres vous assureront de son innocuité en toute circonstances.

 

Et pourtant, ce n'est pas si simple !

 

Le plus souvent, on vous conseillera le minimum de contact, d'interactions, une présence juste pour les soins et surtout jamais de gestes pouvant créer un lien privilégié entre l'Homme et l'animal. Il est déconseillé de lui parler, de le caresser... bref, de l'imprégner.

 

On vous le justifiera par les côtés négatifs de l'imprégnation.

 

En effet, celle-ci donne chez les animaux sauvages issus de sauvetages des problèmes comportementaux et des problèmes d'adaptation à leur vie future.

 

Néanmoins, quand on regarde de plus près le problème, on s'aperçoit que les animaux sauvages les plus concernés par ces effets néfastes sont les jeunes qui n'ont que peu (ou pas) connu leurs congénères avant le sauvetage.

 

Ces animaux n'ayant aucun repère donné par leurs proches, ils vont assimiler l'Homme à leur congénères et perdre toute prudence à son égard. Ce sont également des animaux qui ne pourront vivre avec leurs congénères ou trouver un conjoint.

 

Pour ces jeunes, on pourrait croire que le choix est fait et qu'il faut rester discret et pourtant ici encore rien n'est simple.

 

Les points positifs de l'imprégnation sont liés à la présence de l'Homme qui apporte des contacts sociaux, un microbisme particulier, une éducation à la manipulation et une présence tout simplement.

 

On observe ainsi chez les animaux très assistés par l'Homme une augmentation du nombre d'anticorps, une diminution du stress, un enrichissement de l'environnement et une augmentation de la résistance face aux maladies.

 

En un mot, une augmentation nette du taux de survie chez les animaux sauvages soignés avec imprégnation est observée.

 

Donc, à la fois, chez les jeunes, on aura des problèmes liés à l'imprégnation et un taux de survie nettement amélioré par celle-ci.

 

Vous voyez que le choix est loin d'être simple.

 

Compromettre l'avenir pour un présent ou risquer de ne jamais vivre l'avenir pour s'assurer qu'il sera meilleur ?

 

Et pour les animaux adultes ou assez vieux pour se souvenir de leurs congénères, le problème de l'imprégnation s'il semble résolu ne l'est pas complètement.

 

S'il est vrai que l'animal est capable de distinguer la personne qui le soigne des autres et de lui donner un « droit » privilégié, l'animal ne peut le faire pour 5 personnes.

 

L'animal doit donc, si on procède à une imprégnation, être manipulé par un nombre réduit de personnes. L'idéal étant une personne unique.

 

Mais si on imprègne l'animal plus âgé, il ne faudra pas le faire sans bien y réfléchir avant. Car au-delà de l'engagement de la (les) personne(s) concernée(s), il faut aussi prévoir une période de remise à la vie sauvage.

 

C'est-à-dire que l'animal ne devra pas développer un syndrome de dépendance vis-à-vis de son soigneur mais bien rester uniquement imprégné par celui-ci. Au risque de le voir déprimer ou refuser sa liberté pour rester avec celui-ci.

 

Il est même souhaitable avant d'être relâché qu'une vérification soit faite sur l'unicité de l'imprégnation faite. En d'autres termes, que l'animal n'a pas associé tous les humains au bénéfique mais bien une personne particulière.

 

Ce qui exclu bien sûr les présentations à toute la famille ou aux amis de l'animal rescapé...

 

Si ce n'est pas le cas, une procédure de sensibilisation devra être menée avant de relâcher l'animal.

 

Le choix n'est donc pas simple pour les animaux âgés non plus car l'imprégnation n'est pas un acte neutre et doit être réfléchit.

 

Mais quand sait-on que l'animal est assez âgé pour se souvenir de ses proches ?

 

Je vous laisse avec cette question choisir votre camp, pour ma part, je reste partagée...

 

A bientôt,

Anne

 

Chien viverins endormis - copyright : techniques d'élevage

Publié dans Urgence-Orphelin, Ethologie