La lame avait usé le fourreau

Publié le par Anne et Cat

 

C’était un petit pur, élégant et fin comme une gazelle, tout en sensibilité et en nervosité mais d’une gentillesse à toute épreuve.

 

Il n’avait qu’un seul défaut :

Il avait un excellent coup de saut.

 

Des papiers long comme le bras, issu d’un élevage connu, il avait été acheté jeune. Sa gentillesse avait rendu son débourrage facile et rapidement son nouveau propriétaire l’avait sorti en concours.

 

On lui en demandait toujours un peu plus et le cœur sur la main, il donnait.

 

Et puis un jour, son physique si fin, si élégant lui avait joué des tours. Il n’avait pas assez de résistance, assez de puissance pour les ambitions de son jeune cavalier. Malgré tout son désir de bien faire, son moral à toute épreuve, il avait craqué.

La lame avait usé le fourreau.

 

Il avait commencé à renâcler sur les efforts. Des raideurs, des tares étaient apparues. Il refusait de sauter, de monter dans un camion…

 

Lorsqu’il était devenu évident qu’il avait atteint ses limites, son cavalier avait décidé de le vendre à un centre équestre.

 

A son arrivée, il était impossible de lui faire franchir une barre, même une barre au sol.

Il avait donc été affecté aux cours débutants.

 

Le temps aidant, il avait passé l’éponge.

Il pouvait faire de petits parcours dans le calme.

Il montait sans difficultés dans un camion.

 

A une seule condition… : ne jamais le natter !

 

Ceux qui essayaient comprenaient vite leur douleur :

En 10 minutes le cheval était blanc d’écume.

Rien à faire pour le faire monter dans un camion.

Et il refusait de passer fusse un crayon.

 

Pour qu’il puisse faire un parcours, il fallait laisser la crinière tous crins…

 

Si on ne prenait pas la peine de le faire beau, c’est que ce n’était pas un vrai concours…

 

Cat

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