La pratique des antibiotiques

Publié le par François

 

« Les antibiotiques, c'est pas automatique ». Ne vous inquiétez pas, ce n'est pas un sermon que je vous prépare. C'est cent fois pire ! On va comprendre une caractéristique de ces molécules courantes.

 

On classe les antibiotiques par famille chimique (structure chimique proche). Nous, nous allons nous détacher de cette classification pendant un temps pour ne voir qu'un aspect pratique (spécialité maison !)

 

Les antibiotiques bactéricides (détruisant les bactéries) peuvent être décrits comme dose-dépendant ou temps-dépendant. Cette propriété donne une indication sur le type de posologie (fréquence d'administration, dose et durée du traitement) :

 

  • Dose-dépendant : l'antibiotique nécessite une forte concentration dans l'organisme pour être efficace.


    Exemple : la famille des quinolones utilisée dans les cas de cystite entre autres. La concentration au pic, dans le cas d'une thérapie monodose, doit être plus de 12 fois supérieure à la concentration minimale pour inhiber la multiplication de la souche bactérienne responsable (= CMI) !

    Ce type d'antibiotique ne nécessite pas de traitement prolongée voire, comme dans l'exemple, ne nécessite qu'une seule et unique dose. Les familles d'antibiotiques dose-dépendants sont les aminosides, les quinolones, et les lipopeptides.

     

  • Temps-dépendant : l'antibiotique a besoin d'un certain temps d'action avec une concentration efficace d'antibiotique. Une augmentation de la concentration de l'antibiotique ne sert à rien.


    Exemple : les pénicillines dont la concentration doit être maintenue entre 4 et 5 fois la CMI pendant au moins 50 % du temps entre 2 injections.


    On a donc un traitement sur plus long terme avec une fréquence d'administration souvent plus importante (sauf cas des formes à libération prolongée, bien sûr...)


    Les deux familles sont les bêta-lactames (pénicillines, céphalosporines, monobactames, uréidopénicillines, carbapénèmes) et les glycopeptides (heureusement qu'il n'y a que deux familles).

     

 

L'utilité de ce savoir, pour les sceptiques (et les autres...), est d'éviter les principales erreurs de posologie lors d'un oubli ou lorsque la seringue se casse par exemple.

 

Il est inutile voire nuisible (effets secondaires) de donner deux doses en une seule fois lorsque l'on a affaire à un antibiotique temps-dépendant puisque une concentration supérieure n'aura aucun effet sur l'efficacité thérapeutique.

 

Le cas des antibiotiques dose-dépendants permet d'expliquer certains dosages effectués. En effet, une forte concentration induit des effets secondaires majorés.

 

Exemple : les aminosides sont toxiques au niveau de l'oreille (les séquelles sont irréversibles) et au niveau du rein (séquelles réversibles). L'efficacité thérapeutique est reflétée par la concentration au pic sur la courbe alors que les effets toxiques se reflètent sur la pente descendante de la courbe (le rein fait-il son boulot ou fait-il grève ?)

 

Au passage la toxicité rénale des aminosides explique le besoin de faire boire l'animal pour que la descente soit plus rapide par stimulation du rein et ainsi limiter les dégâts !

A méditer !

 

Francois

 

Antibiotique en médecine vétérinaire : chat chien cheval NAC. Techniques elevage. Nantes 2012

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