La vache qui a vu passer le train ou la problématique du redressage

Publié le par Anne et Cat

 

Vous avez un animal (chien, chat, cheval,  rat ou marsupilami…) qui a une manie très dérangeante, qui est totalement à côté de ses pompes, agressif voire carrément traumatisé.

 

Il va donc falloir le redresser pour que, au minimum, une cohabitation pacifique soit possible.

 

Bon. Vous lisez un tas de bouquins, vous prenez conseil sur Internet, vous consultez les blogs (il y en a des bons vous savez…) et vous décidez de vous lancer.

 

De toutes façons, vous n’avez pas vraiment le choix, c’est ça ou le divorce !

 

Un beau matin, vous relevez vos manches, vous récoltez toute votre patience (vous faites même les fonds de tiroir pour être sûr d’en avoir assez) et vous appliquez la méthode géniale qui doit vous permettre de transformer votre animal « the fingers in the nose »…

 

Quelques mois plus tard, vous avez gagné : l’animal de vos rêves est devant vous… plus aucun problème… vous êtes un chef !

 

Sauf que… la vache a vu passer le train.

 

Je sens que vous allez penser que je yoyote grave avec cette histoire de vache et que je vous fais un article digne de la Vie du Rail.

 

C’est une image…

 

Une vache est dans un pré. Elle n’a jamais vu de train. Elle ne conçoit donc pas qu’une telle chose, aussi bruyante, aussi rapide mais régulièrement en retard, puisse exister.

 

Un jour, un train passe. La vache regarde le train.

 

5 minutes après le passage du train, nous avons toujours la vache dans le pré. A première vue, c’est la même vache sauf que… elle sait maintenant ce que c’est qu’un train. Elle conçoit la chose qui ne lui paraît dès lors plus impossible.

 

Revenons à notre animal que vous avez redressé avec succès. Le comportement problème a disparu. Votre chien ne vous mord plus, votre cheval ne vous bouscule plus… génial ! mais tous deux savent qu’ils peuvent le faire.

 

S’ils ne le font pas, c’est parce qu’ils ont trouvé une autre solution plus satisfaisante pour eux. Alors que le cheval ou le chien qui n’a jamais eu de problèmes, n’envisage tout simplement pas qu’il puisse agresser son propriétaire. C’est pour cela qu’on cherche à tout prix à éviter que le jeune animal se rende compte de sa force et disons le mot, de ses capacités de nuisances vis à vis de nous.

 

En fait, si le redressage a pu réussir, c’est parce que sous le révolté, le traumatisé, le terrorisé, il y avait (encore) le calme, le docile, le gentil. Et c’est lui qui a intercédé en faveur de relations plus douces. Sinon, vous auriez fait chou blanc !

 

Votre action a simplement permis et c’est déjà beaucoup, de faire apparaître un comportement préexistant mais qui était occulté et qu’on ne percevait que par instants fugaces, dans un regard, une attitude…

 

Aujourd’hui, vous avez retourné la pile : le comportement super génial est dessus et l’indésirable en dessous… en dessous mais toujours présent parce qu’il fait partie du vécu de l’animal.

 

Cela veut dire que si les conditions changent, l’animal peut revenir à son ancien comportement très rapidement : il n’aura pas besoin de le « créer », de le concevoir de A à Z ce qui forcement prend du temps mais simplement de le réactiver ce qui est beaucoup plus rapide.

 

Même si c’est très profond, il ne l’oubliera jamais… on peut modifier le dénouement, mais on ne peut pas reprendre le film depuis le début.

 

Alors, ne l’oubliez pas non plus et tenez en compte… pour votre bonheur et le sien.

 

Cat

 

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