Le vieux cheval : un métabolisme ralenti, une nutrition très délicate

Publié le par Anne et Cat

 

Avec le développement du cheval de loisir, la relation avec le cheval s’est considérablement modifiée. Il devient de moins en moins concevable pour nombre de propriétaires de se débarrasser d’un compagnon de tous les jours, simplement parce qu’il vieillit.

 

Cependant, même bien soigné, même si son travail a toujours été fait de façon à le ménager, l’organisme du cheval ralentit peu à peu. Pour le garder en bonne santé le plus longtemps possible, il devient alors nécessaire d’adapter sa ration alimentaire.

 

La première chose à prendre en compte est que l’organisme perd sa capacité à reconstituer ses réserves corporelles. Ainsi, si du fait d’une erreur de rationnement mais aussi d’une maladie ou d’un problème quelconque, le cheval perd de l’état, il sera très difficile de lui faire reprendre (difficile certes mais pas impossible).

 

Cela veut dire que pour un cheval âgé, il n’est pas possible de compter sur ses capacités de stockage ou de déstockage. Cela touche aussi bien le glycogène que les oligo-éléments ou les vitamines liposolubles. C’est donc tous les jours que la ration doit apporter à l’organisme ce qu’il a besoin.

 

Le foie fonctionnant de moins en moins bien, il peut par exemple ne plus être en mesure de maintenir la glycémie. Il faut alors apporter des glucides lents (type amidon… donc des céréales) sous forme de petits repas très digestibles (pour ne pas surcharger les fonctions digestives) répartis au cours de la journée (pour avoir un apport le plus constant possible).

 

En voyant leur vieux cheval « décoller », la plupart des propriétaires augmentent la quantité d’aliment proposé et notamment en mettant le foin à volonté ou en les mettant au pré.

 

Si le cheval n’est pas trop âgé, cette solution donne des résultats satisfaisants. Comme la teneur en cellulose de la ration est bonne, les risques de stases digestives et de coliques sont peu importants.

 

Mais il faut aussi envisager le cas où le cheval mange de fait insuffisamment : parce qu’il a mal aux dents, parce qu’il y a une compétition à la mangeoire dont il ne peut plus sortir gagnant… ou simplement parce qu’il n’a pas faim. Cela peut être dû à une diminution des facultés sensorielles (le gâteau qui cuit dans le four n’a plus la bonne odeur d’antan) ou à une perte de moral.

 

Comme vous ne pouvez pas manger à sa place, ni le raisonner, toutes les méthodes sont bonnes pour lui redonner de l’appétit : exercice adapté, distractions, congénères, petites gâteries appétentes…

 

Mais pour un âge plus avancé, l’amaigrissement est souvent dû à une fonte musculaire (amyotrophie), liée à l’absence de travail mais aussi à une moindre activité spontanée de l’animal du fait de douleurs ou de fatigue. Dans un premier temps, le cheval maigrit donc par pertes des muscles. Un apport supplémentaire en énergie n’y changera pas grand chose.

 

La tentation serait grande alors de donner des repas plus riches pour être sûr qu’il en ait assez.

 

Possible mais à manier avec précaution.

 

Parce trop d’amidon dépasserait les capacités de traitement dans l’intestin grêle et donc arriverait jusqu’au cæcum avec un risque évident de dysmicrobisme et de problèmes digestifs.

 

Parce que trop de protéines, obligeraient le foie puis les reins à tourner plus vite ce qui n’est pas bon pour eux s’ils y arrivent et pour l’organisme tout entier s’ils n’y arrivent pas.

 

Bref, conserver un vieux cheval en bonne santé, c’est constamment jouer avec des contraintes pas toujours compatibles, couper la poire en deux, s’adapter à la situation du moment, le surveiller comme le lait sur le feu.

 

Mais c’est aussi pouvoir continuer à s’offrir la joie d’une complicité de longue date, d’une compréhension à demi mot… de la présence d’un ami, quoi !

 

Cat

 

Démusculation chez un très vieux cheval. Techniques d'élevage 2011