Les chondroprotecteurs : dilemme et composition.

Publié le par Anne Cat et François

 

« Votre cheval a de l'arthrose, il lui faut un chondroprotecteur. » Et parmi la foultitude de chondroprotecteur, lequel choisir ? Le plus cher, évidemment : réponse du directeur marketing lambda ! Voyons plus avant. Nous avons récupéré 5 compositions de chondroprotecteurs que l'on va étudier.

 

Ce que l'on retrouve dans presque tous les chondroprotecteurs (4 sur 5) :

 

  • Le sulfate de chondroïtine est un constituant de l'os, du cartilage et de divers tissus conjonctifs. Cette molécule inhibe l'élastase ( participant à la dégradation de l'os) et stimule les chondrocytes (cellules cartilagineuse adulte).

     

  • Le sulfate de glucosamine est un sucre particulier constituant de la chrondoïtine, entre autres choses. Il est donc la base chimique pour les chondrocytes pour la production de la chondroïtine.

     

  • Le cuivre contribue à la synthèse de collagène, essentiel pour le développement et la résistance de l'os. Il permet aussi de vasculariser les cartilages qui vont être produits à l'aide des deux autres molécules. Le cuivre est souvent déficient dans les rations... à moins que vous n'ayez une complémentation raisonnée. Dans ce cas, si vous rajoutez ce type de chondroprotecteur, il convient peut-être de la limiter pour éviter tout excès.

 

Deux autres molécules sont utilisées mais dans moins de produits (3sur 5) :

 

  • Le méthylsulfonylméthane, MSM pour les intimes... C'est un composé organique soufré et comme tous les composés soufrés, il possède la propriété d'être anti-inflammatoire.

     

  • Le manganèse est indispensable pour le développement osseux. Cependant, la carence n'a pas été identifiée chez le cheval... Sans doute inutile.

 

Tel un compte-à-rebours, après le trois... Après le deux, nous avons le un ! Le zinc est le dernier élément que l'on retrouve dans deux produits sur cinq. Il est nécessaire à l'ossification mais les quantités de zinc dans ces compléments peuvent changer l'équilibre de la ration et notamment il entre directement en concurrence pour l'absorption avec le cuivre... alors prudence !

 

Et maintenant, voyons les spécificités :

 

  • La méthionine est un acide aminé soufré principalement utilisé en diététique pour les surcharges graisseuses de foie mais qui intervient aussi dans la synthèse de la kératine.

     

  • L'iode par action sur la thyroïde participe à l'accélération de l'édification de la trame osseuse. Les chevaux ont une très grande sensibilité aux excès en iode. Une supplémentation doit donc être mesurée avec le plus grand soin.

     

  • L'acide hyaluronique est en grande quantité dans le liquide synovial (liquide lubrifiant les articulations).

     

  • Les acides gras : l'utilité de leur présence pour un chondroprotecteur me laisse dans l'expectative.

     

  • Et bien d'autres composants !

 

Le dernier produit sort totalement des sentiers battus avec deux plantes anti-inflammatoires (le saule blanc d'où on extrait l'aspirine, et le Boswellia serrata) et de la quercétine ou quercétol connu pour être un anti-inflammatoire efficace.

 

Pour ce produit, le terme de chondroprotecteur est à prendre dans le sens protection contre l'inflammation de l'articulation donc l'indication est l'arthrite (arthr = articulation + ite = inflammation) mais pas l'arthrose ( avec ose = état, maladie non inflammatoire).

 

Sous un même terme, nous avons donc des produits très différents dans leur conception, dans leurs effets comme dans leurs indications.

 

L'utilisation de la plupart d'entre eux doit amener à adapter la ration du cheval pour éviter excès comme carences, qu'elles soient primaires (l'élément manque) ou secondaires (l'élément est bloqué par un autre élément présent en quantité insuffisante ou au contraire en excès).

 

Comme toujours, rien de tel que de jeter un regard derrière la boîte !

 

François

 

Membres antérieurs et postérieurs d'un cheval. Copyright Techniques d'élevage

Publié dans Pharmacie, Naturopathie