Les guêtres ouvertes et moi… c’est la guerre !!

Publié le par Anne et Cat

 

Bon, vous comprenez tout de suite pourquoi j’ai mis cet article dans la catégorie « sujets qui fâchent »…

 

Alors mettons hardiment les pieds dans le plat !

 

La plupart des guêtres aujourd’hui vendues dans le commerce sont des guêtres ouvertes.

 

Entendez par là qu’elles protègent l’arrière du canon et pas l’avant.

Elles protègent donc surtout le tendon perforé mais aussi le perforant et le suspenseur du boulet (qui n’est d’ailleurs pas un tendon).

Au niveau osseux, ce qui est le plus fragile dans le secteur c’est-à-dire les métacarpiens rudimentaires, sont aussi protégés.

 

Mais aucune protection sur l’avant donc sur les extenseurs latéraux et antérieur des phalanges ni sur la face avant du canon…

 

Alors évidemment, si vous travaillez sur le plat aucun problème. En effet, le seul risque de blessure est lié aux autres membres du cheval qui peut s’atteindre ou se couper. Donc aucun risque sur l’avant du membre.

 

Par contre, lorsqu’on utilise des guêtres ouvertes, à l’obstacle, puisqu’il paraît qu’elles sont faites pour ça, il en est tout autrement. A ce moment-là, le risque de blessure est aussi lié à l’obstacle lui-même. Donc l’avant du membre est vulnérable.

 

Non contente de mettre les pieds dans le plat, je vais maintenant les agiter !

 

Lorsque vous demandez pourquoi le cheval est équipé de guêtres ouvertes et non de guêtres fermées, la réponse que vous obtenez une fois sur deux est : « Sinon les chevaux ne sont pas respectueux de la barre ».

 

Nous en arrivons donc logiquement à l’idée que si le cheval saute, c’est uniquement par peur de se faire mal. Étrange à une époque où même un simple verdun est si souvent suspecté d’être un instrument digne de l’Inquisition.

 

Le corollaire est que le cheval qui touche le fait parce qu’il s’en fout. Il n’est bien sûr pas envisageable qu’il se soit trompé, qu’il se soit emmêlé les pinceaux, qu’il ait mal calculé son coup…

 

Nous n’aurions pas non plus l’outrecuidance de penser que le cavalier pourrait faire une erreur de monte…

 

Bref, si le cheval se prend les pieds dans la barre, c’est uniquement sa faute : il y met de la mauvaise volonté et il est donc normal qu’il ait mal, voire qu’il soit blessé.

 

Et bien entendu, je ne parlerai pas de certaines vidéos où on voit un cheval 80 centimètres au-dessus d’une barre, ce qui pourrait laisser supposer aux mauvais esprits qu’il a été méchamment « barré ». Ni aux poulains présentés sur une barre sans aucune protection. Amora, la déesse de la moutarde, pourrait me monter au nez !

 

Avec un brin de nostalgie, j’évoque l’époque où on protégeait le cheval pire qu’un flacon de nitroglycérine, avant de remuer la barre pour lui apprendre à être respectueux tout en évitant tout risque de blessure…

 

cheval toiletté pour un concours - illustration article guêtres ouvertes - copyright : techniques d'élevage

 

Cat

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