Ma jument est-elle en chaleur ?

Publié le par Anne et Cat

 

La détection des chaleurs est essentielle pour les éleveurs.

 

Mais leur connaissance est aussi importante pour tout cavalier car dans ces périodes-là, le comportement de la jument est modifié. Notamment, on peut avoir des perturbations vis-à vis des autres chevaux, des défenses à la jambe ou lors d’un appui sur les reins, des couinements ou des réactions d’immobilisation. Ce sont aussi des moments où les coups de pied "partent" plus vite... donc méfiance. 

 

En outre, je me suis toujours demandé si cela ne « travaillait » pas certaines juments. Bon, sachant que 80 % des cavaliers sont des cavalières, je pense qu’elles peuvent comprendre de quoi je parle.

 

Hors de la présence libre d’un étalon, aucun critère ne permet à lui seul de savoir si une jument est en chaleur vraie (c’est-à-dire avec ovulation) ou non.

 

Comme tout bon enquêteur, il faut donc se contenter d’indices.

 

Lorsqu’on fait un « test à la barre », c’est-à-dire qu’on met l’étalon en contact avec la jument mais séparée d’elle par une cloison pour éviter tout risque :

 

On classe comme positifs :

 

  • Le clignement de la vulve : présent chez 60 % des juments en chaleur (mais 11 % de juments qui ne sont pas en chaleur le présentent aussi).
  • La queue levée : 52 % contre 5 % respectivement
  • Les jets d’urine : 47 % contre 9 %

 

Vidéo montrant le clignotement de la vulve :

 

 

Donc grosso modo, on peut considérer que si vous avez les 3, comme dans la vidéo ci-dessous, il y a 90 % que votre jument soit en chaleur (mais vous vous trompez dans 5 à10 % des cas quand même !).

 

Dans le cas présent, vous noterez que vous avez les 3 signes positifs et en outre que la jument s’approche de l’étalon mais que la jument comme l’étalon se détournent rapidement pour s’intéresser à leur gamelle… Cela amène à se poser des questions…

 

 

Certaines juments présentent des signes de chaleur quasi en permanence : elles sont dites « pisseuses ».

 

On classe comme négatifs :

 

  • La jument qui botte : 64 % des juments non en chaleur mais 27 % des juments en chaleur
  • La jument qui « couine » : 74 % contre 37 % respectivement
  • La jument qui fouaille de la queue : 45 % contre 20 %

 

Exemple négatif en vidéo

 

 

Remarquez que vous pouvez avoir une jument qui n’a pas de signe de refus de l’étalon à ce stade et qui n’est pas en chaleur tout de même.

 

Cela veut dire aussi que vous pouvez avoir ces 3 « non » sur 20 à 30 % des juments en chaleur. Soit qu’elles ne sont pas encore décidées soit que l’étalon ne leur plait pas.

 

En fait, le seul critère qui ne se discute pas est l’acceptation du chevauchement : position campée, queue de côté.

 

A remarquer que pour certaines juments, on peut avoir le réflexe d’immobilisation en position campée en appuyant fermement sur les reins, surtout en présence d’un autre cheval, fut-il un hongre.

 

Certaines juments bien que cyclées peuvent avoir des chaleurs totalement silencieuses. Ce sont en général des pouliches nerveuses ou des poulinières suitées qui stressent pour leur poulain (cas des chaleurs de poulinage). C’est aussi le cas de juments ayant subi un traitement hormonal en particulier d’anabolisants stéroïdiens. Pour celles-ci, une palpation rectale ou une échographie permettent d’avoir des éléments tangibles.

 

Notons aussi que chaque jument a son comportement personnel et que le fait de bien la connaître rend la détection beaucoup plus fiable, ce qui n'est pas dommage !

 

Cat

Publié dans Elevage, Spéciale équidé