Mon quater horse a une hyperkaliémie périodique récidivante : que faire ?

Publié le par Anne, Cat et François

 

Les quarter horse sont sujets à une maladie particulière : l'hyperkaliémie périodique de son petit nom ou HYPP pour les intimes. Cette anomalie est liée à une mutation au niveau des canaux sodiques.

 

Une révision sur la contraction musculaire normale est nécessaire avant de passer à la pathologie.

 

  • Etape 1 : lors de la stimulation nerveuse, les canaux sodiques vont s'ouvrir pour laisser entrer le sodium et induire la dépolarisation (changement de voltage dans la cellule).

     

  • Etape 2 : comme pour une lampe, les canaux calciques ont besoin d'un certain voltage pour s'ouvrir. Les canaux calciques vont laisser entrer le calcium permettant la contraction musculaire.

     

  • Etape 3 : la repolarisation. Une fois atteint une valeur de voltage seuil, on a une fermeture des canaux sodiques, et une ouverture des canaux potassiques (sortie de potassium pour rééquilibrer les charges de part et d'autre de la membrane).

     

  • Etape 4 : Il faut retrouver les bonnes concentrations de sodium et potassium (au moins) dans et en dehors de la cellule (conserver un équilibre fragile) à l'aide de la pompe sodium / potassium.

     

 

La pathologie maintenant : elle est liée à une mutation des canaux sodiques.

 

Revoyons étape par étape la pathologie : une augmentation du potassium dans le sang par un apport alimentaire ou physiologique induit une légère dépolarisation. L'entrée du potassium se fait par la pompe sodium / potassium pour garder l'équilibre idéal des ions des deux côtés de la membrane.

 

La dépolarisation induit, de façon normale, l'ouverture des canaux sodiques dont ceux anormaux. L'entrée de sodium se fait donc pour terminer la dépolarisation et ouvrir les canaux calciques.

 

Les canaux sodiques anormaux ne s'inactivent pas ce qui entraîne un courant sodique persistant. La dépolarisation brutale entraîne :

 

  • la sortie de potassium de la cellule vers le sang ce qui va entretenir le phénomène.

     

  • une inactivation des canaux sodiques normaux avec perte d'excitabilité (dépolarisation) de la membrane et donc paralysie.

     

  • un maintien de l'ouverture des canaux sodiques anormaux.

     

 

Les symptômes cliniques découlent de cette mutation : tremblements, contraction voire paralysie (cheval en position du « chien assis »), perte de la coordination musculaire et syncope, possible paralysie des voies respiratoires antérieures (on entend des bruits respiratoires). La mort est possible dans de rares cas avec un arrêt cardiaque par l'augmentation de potassium délétère pour le cœur.

 

Attention : cette maladie peut être confondue avec une crise de type épilepsie (mais le cheval reste conscient dans l'HYPP) et une rhabdomyolyse (coup de sang), c'est-à-dire une destruction des muscles (mais le cheval, une fois la crise d'HYPP passée, n'a pas de raideur).

 

En traitement, on a plusieurs solutions en cas :

 

  • d'attaque légère (début de raideurs) : une poignée de céréales pour augmenter le taux d'insuline (elle provoque une entrée de potassium dans les cellules musculaires et adipeuses arrêtant le cycle infernal). Une autre solution est de faire courir, l'activité physique permet la diminution de la concentration des ions par augmentation du volume plasmatique. Mais c'est l'une ou l'autre solution, pas les deux qui s'annuleraient en partie.

     

  • d'attaque sévère : il est nécessaire de perfuser donc appel au vétérinaire.

     

 

Pour en finir avec le traitement, si votre cheval est sujet à ces crises alors avoir deux ou trois poignées de céréales si possible aplaties doit faire partie du minimum à avoir sur soi lors du travail ou d'une sortie en ballade.

 

En prévention, il faut se préoccuper de l'alimentation (un article de Cat va en parler : patience est mère de vertu... C'est ce qu'on dit ! ), l'entraînement doit être un travail en endurance. De plus, il vaut mieux une vie en paddock et en pâture qu'en stalle pour ces chevaux.

 

Pour les compétiteurs, ce sont des chevaux qu'il faut faire boire toutes les deux heures. Attention à la qualité de l'eau : les chevaux y sont très sensibles.

 

François

 

Cheval type américain dans sa stalle. Copyright Techniques d'élevage