Oiseaux marins mazoutés, les premiers gestes

Publié le par Anne et Cat

 

 

Les soins liés à un oiseau mazouté n'ont rien d'aisés et nécessitent souvent un grand nombre de personnes ou des installations spécifiques pour être pleinement efficaces. Il convient donc, avant toute intervention de s'assurer qu'aucune structure habilitée (contacts en fin d'article) ne peut prendre l'oiseau en charge.

 

Cette vérification faite, ou en attente d'un transfert dans un centre, il ne vous reste plus qu'à tenter d'aider l'oiseau avec les moyens à votre disposition.

 

Il est rare que l'on trouve l'oiseau en bas de chez soi, les indications que je fais ici ne sont pas donc une représentation de l'idéal mais du réalisable.

 

Un oiseau mazouté n'a plus un plumage imperméable et si l'oiseau est encore en mer, le risque principal pour lui est la noyade, il faut donc le ramener sur la terre ferme.

 

Prenez le temps de prévoir avant d'aller chercher l'oiseau où vous pourrez le déposer sans risque : un carton, une caisse, au milieu de la roue de secours...Le sol où repose l'oiseau doit être aussi épais et mou que possible : un linge, un manteau... (protégez les de plastique si vous y tenez)

 

Prenez un linge, du sopalin ou du papier journal. Allez vers l'oiseau en évitant les gestes brusques. Entourez-le du linge en plaquant les ailes sur le corps avec vos deux mains, rapprochez-le de votre poitrine, stabilisez-le contre celle-ci et si l'oiseau se débat, maintenez le bec avec une main. La prise doit être ferme mais pas brutale. Si elle est trop molle ou trop dure, l'oiseau se débattra et vous aurez beaucoup plus de mal à le ramener.

 

Déposez l'oiseau à l'emplacement prévu.

 

Nettoyez les yeux de l'oiseau, l'intérieur du bec et ses narines avec un linge, des compresses ou un sopalin (si vous en avez) du mieux possible afin de dégager les voies respiratoires et de permettre la prise alimentaire future.

 

Si vous avez de l'eau douce avec vous, donnez-en un peu à l'oiseau en faisant goûter l'eau le long du bec. Un récipient rempli d'un peu d'eau peut aussi être utile si l'oiseau a la force de boire.

 

Prenez le temps de finir de l'installer sur un siège de la voiture, assurez le système autant que vous pouvez. Si vous pouvez, laissez une personne auprès de lui. Roulez doucement jusque chez vous, jusqu'à l'école vétérinaire de Nantes ou jusqu'au centre de sauvegarde (les appeler avant).

 

En absence d'une structure plus adaptée, l'oiseau est à présent chez vous. L'idéal serait de lui confectionner un hamac ou de lui mettre un filet de pêche à mailles fines suspendu pour qu'il puisse s'y reposer. En effet, les oiseaux marins passent très peu de temps sur la terre ferme et présentent souvent des plaies si on les laissent sur un sol dur trop longtemps.

 

Installez l'oiseau dans son « nid douillet » et observez l'oiseau afin de déterminer s'il a trop chaud ou froid.

 

En général, les oiseaux totalement englués dans le mazout sont en hyperthermie (respiration rapide, ailes écartées du corps, oiseau qui s'étale, bec ouvert...) car le mazout a fait une barrière totale à l'eau et retient la chaleur de l'oiseau. Les oiseaux qui ne sont pas complètement recouverts sont souvent en hypothermie car l'eau a mouillé le plumage par capillarité depuis les zones découvertes (oiseau recroquevillé, tremblements, plumage ébouriffé...).

 

Selon le cas, placez l'oiseau plus ou moins proche d'une source de chaleur (un radiateur ou une lampe chauffante). Mais faites en sorte qu'il puisse s'en approcher ou s'en éloigner (mais pas la toucher) et choisir ainsi sa température idéale.

 

Pour les oiseaux mazoutés, on recommande souvent une température ambiante entre 21 et 24 °C.

 

N'hésitez pas, si c'est possible, à entrouvrir les fenêtres pour aérer sans créer de courants d'air ni trop refroidir l'atmosphère. Le mazout est très irritant pour les voies respiratoires humaines mais aussi pour celles des oiseaux (première cause de mortalité chez les oiseaux mazoutés). Il est donc important pour assurer la survie de votre protégé que vous ne le laissiez pas s'asphyxier.

 

Nettoyez, si vous n'avez pas pu le faire avant, les yeux de l'oiseau, l'intérieur du bec et ses narines avec un linge ou un sopalin du mieux possible afin de dégager les voies respiratoires et de permettre la prise alimentaire.

 

Pour la prochaine étape, on conseille souvent de donner des électrolytes, mais en l'absence de mieux, on prendra un verre d'eau, un peu de sucre (l'équivalent d'un sucre à café de restaurant), on mélangera le tout puis on le donnera à notre protégé pour qu'il puisse boire seul ou avec notre aide.

 

Pour l'aide, on conseille souvent l'utilisation de seringues sans aiguilles, voire de sondes, mais en l'absence de ce matériel, prenez une tige de métal ou de plastique (type stylo (à prendre côté qui écrit vers soi ou rentrer la mine), gros clou...) et un morceau de tissu propre ou de sopalin préalablement imbibé d'eau et essoré plusieurs fois pour enlever les « peluches ». Trempez votre morceau absorbant (tissu ou sopalin) dans la solution, enroulez-le autour de votre tige côté paume. Placez le tout face au bec de l'oiseau et pressez le morceau absorbant pour obtenir un goutte à goutte en bout de tige.

 

Cette étape est très importante puisqu'elle vous permettra de réhydrater l'oiseau correctement.

 

Quand l'oiseau a bien bu, laissez-le tranquille une heure afin qu'il retrouve ses forces et ses esprits.

 

C'est alors le meilleur moment pour le faire partir vers un centre ou une clinique.

 

Pélican - illustration sujet oiseaux mazoutés premiers gestes - techniques d'élevage

 

A bientôt,

Anne

 

Les structures spécialisées en France, contacts :

 

CVFSE (centre vétérinaire de la faune sauvage et des écosystèmes, appartient à l'école vétérinaire de Nantes)

site : http://www.oniris-nantes.fr/services/plateforme-environnementale-veterinaire/

@ : faunesauvage(at)oniris-nantes.fr

tel. : 02 40 68 77 76

 

Union Française des centre de sauvegarde de la faune sauvage

site : http://uncs.chez.com/

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