Perte de poids, amaigrissement ou fonte musculaire ?

Publié le par Anne et Cat

 

Même si les magazines féminins essaient de nous convaincre du contraire, un organisme perd du poids lorsque ses besoins sont supérieurs aux apports. Si, si, je vous assure…

Oui, moi aussi cela me navre mais c’est ainsi.

 

Lorsque je parle apports, je ne parle que de ce que l’animal est capable d’extraire de sa nourriture et d’utiliser.

Ainsi si un composant essentiel est insuffisamment présent dans l’alimentation, l’animal pourra se révéler incapable d’utiliser d’autres composants présents en abondance et les éliminera.

Tout se passera donc comme si cette abondance relative n’existait pas.

 

Bref, en quantité ou en qualité, et souvent les deux, il n’y a pas assez dans l’assiette. Il faut donc revoir la ration et sauf pathologie, l’animal reprendra du poids.

 

Question aspect, vous lui comptez les côtes, le garrot est sec, sans graisse, mais les muscles sont bien apparents et le flanc est normal. Bref, pas ou peu de graisse de couverture mais des masses musculaires logiques. Ce n’est que dans les cas relevant de la maltraitance que l’animal pour subsister est obligé de « manger ses muscles » et que vous arrivez à une situation qui fait frémir.

 

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Tout autre chose est l’amaigrissement visuel.

 

Le cas classique est celui du jeune cheval, super beau et en forme qui fait la fierté de son propriétaire… et à qui on compte les côtes une semaine après.

Visuellement, il a décollé, c’est indéniable. Mais son poids n’a pas bougé voire même a augmenté.

 

La raison en est simple : la croissance n’est pas un phénomène régulier mais un phénomène par à-coups.

Bref, votre poulain ayant fait quelques réserves, a déclenché une poussée de croissance… et donc a utilisé les dites réserves.

Et une fois transformées en os, en tendons, en muscles, on ne les voit plus !

Evidemment, cela est encore plus criant sur les grandes races.

 

Rien ne sert de se désoler, il faut simplement attendre quelques temps pour prendre la photo qui fera baver d’envie vos amis.

 

On peut aussi évoquer le cas du cheval qui mis à l’entraînement brûle sa graisse et synthétise du muscle. Il devient alors plus sec avec des masses musculaires plus denses (et pas forcément beaucoup plus volumineuses).

 

Nota : Le cheval adulte qui décolle rapidement au niveau du flanc et sans raison, doit faire penser à un problème de déshydratation. Vous verrez aussi souvent dans ce cas les veines devenir plus apparentes.

 

Une troisième chose bien différente est la fonte musculaire.

 

L’organisme est en équilibre permanent entre construction et destruction, entre catabolisme et anabolisme.

Si vous avez l’impression que rien ne change, c’est que la destruction et la construction sont d’égale intensité.

D’autres civilisations vous parleraient d’équilibre entre le yin et le yang… c’est à tout prendre la même idée.

 

Si encore une fois, on exclue la pathologie, le cas typique est celui du cheval âgé.

 

La baisse du taux et de l’efficacité de l’insuline provoque une diminution de l’anabolisme protidique. En d’autres termes, l’animal a du mal à construire ses protéines.

Comme par ailleurs le processus de destruction normal garde la même vitesse qu’avant, l’équilibre est perturbé.

 

On a une fonte musculaire (amyotrophie). La totalité des grands groupes musculaires est touchée.

La base de la queue, la pointe des hanches, l’épine dorsale et le garrot saillent.

La tête se transforme aussi par amincissement des muscles des joues et creusement des salières.

 

Cette fonte musculaire ne doit pas être confondue avec une simple perte d’état car elle ne sous-tend pas les mêmes processus.

 

Voici un exemple d’une jument de 28 ans présentant une fonte musculaire liée à l’âge :

 

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Si vous voyez un cheval de ce type dans un pré à côté de chez vous, n’appelez pas une association de défense des animaux maltraités séance tenante mais félicitez-vous d’avoir un voisin si respectueux de ses vieux chevaux !

 

Cat