Quelle huile puis-je rajouter dans la ration de mon cheval ?

Publié le par Anne Cat et François

 

Le choix de l'huile type Isio 4 est-il toujours adapté pour complémenter un cheval en lipides ?

 

Les acides gras essentiels, connus en nutrition humaine, sont peu considérés en nutrition équine.

 

Combien de publicités voit-on pour une huile avec des acides gras oméga 3 et/ou oméga 6 (ω3 /ω6) ?

 

Commençons par présenter les acides gras dits « oméga » sur le plan chimique.

 

La structure générale d'un acide gras est une chaîne hydrocarbonée plus ou moins longue (de 4 à 24 carbones, ce nombre étant pair) terminée par un acide carboxylique. CH3‒(CH2)n‒COOH

 

Lorsque l'on dit oméga X c'est que l'acide gras possède une double liaison sur le carbone numéro X (sans préciser s'il existe d'autres doubles liaisons plus loin dans la numérotation) en partant du CH3.

 

Ces doubles liaisons sont importantes car elles permettent la solubilité des acides gras au niveau sanguin.

 

Les acides gras dits saturés (sans double liaison) sont insolubles et vont se déposer au niveau des vaisseaux sanguins et du cœur. D'où l'importance de ces deux familles d'acides gras oméga 3 et oméga 6 qui vont être métabolisés de la même manière que les saturés, la seule différence étant la solubilité.

 

Passons à des connaissances plus concrètes.

 

Il faut un équilibre en oméga 3 et en oméga 6 car chacune de ces deux familles permet la production de certains types de prostaglandines plus ou moins spécifiques d'une fonction. Ces dernières sont indispensables pour le rein (pour conserver une fonction rénale malgré les changements de pression artérielle), les vaisseaux sanguins, l'inflammation, la production de l'acidité gastrique...

 

En nutrition humaine, il faut un ratio oméga 6 / oméga 3 inférieur à 5...

 

Chez les équidés, ce ratio est inconnu, cependant, nous pouvons supposer qu'il est nécessaire d'apporter les deux.

 

Il faut savoir que l'herbe jeune, la graine de lin et en partie l'huile de soja, sont riches en acides gras oméga 3 donc au pâturage, il vaut mieux une huile plus riche en oméga 6 afin de rééquilibrer. On aura donc plus tendance à choisir une huile de tournesol (0,5 g de 3 / 63 g de 6) ou de maïs (0,9 g de 3 / 55 g de 6).

 

L'évolution liée au vieillissement de la plante au cours de la saison a toutes les chances d'être compensée par le comportement alimentaire du cheval qui choisit son herbe en pâturage permanent.En pâturage rotatif, à chaque cycle, le cheval retrouve une herbe relativement jeune.

 

Nous nous sommes posés la question du régime hivernal à base de foin. Dans ce cas, il y a souvent un lot de foin pour plusieurs mois et donc on n'a plus l'évolution naturelle de la composition de l'herbe.

 

Le fanage diminue la teneur en matière grasse globale du fourrage. Les oméga 3 semblent plus sensibles que les 6 à la rapidité du fanage. Ils sont donc d'autant plus touchés que le foin est médiocre.

 

Dans ce cas et après réflexion, nous aurions tendance à vous conseiller, surtout si vous avez un foin épié et/ou un fanage de qualité moyenne, plutôt une huile type Isio 4 (5,3 g de 3 / 25 g de 6) voire peut-être moins chère une huile de colza (9 g de 3 / 22 g de 6).

 

Avec un foin jeune et bien conservé... et bien cela se discute...

 

A bientôt.

 

François

 

Ajout d'huile dans l'alimentation du cheval. Copyright Techniques d'élevage

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