Santé animale : Guérison, repos et reprise de l'activité après un traumatisme

Publié le par Anne Cat et François

 

Fracture, plaie, opération... Le repos pour se remettre d'un traumatisme est indispensable mais quand doit-on reprendre le travail, l'activité ou les exercices physiques ?

 

Il est souvent préconisé aux personnes néophytes le repos jusqu'à guérison complète.

 

Cette stratégie plus rassurante, n'est néanmoins pas sans conséquence.

 

En effet, lors de toute cicatrisation, les fibres cicatricielles se forment de façon anarchique et relient tant bien que mal les différentes parties.

 

Ces fibres sont susceptibles de changer leur position en fonction des tensions.

 

Mais plus le temps passe, plus elles prennent leur place définitive, plus elles se rigidifient et plus les changements deviendront impossible.

 

Alors certes, on ne va pas tirer comme une brute sur ce tissu cicatriciel par ailleurs extrêmement fragile mais une légère tension peut amener les fibres à se réorganiser et surtout à se mettre dans le bon sens.

 

Un muscle, avec des cellules qui se contractent chacune dans leur sens sans parallélisme, n'aura jamais une contraction correcte.

 

Un tendon ou un ligament ne pourra pas encaisser les tensions de façon souple si des fibres se retrouvent en travers.

 

Un os deviendra fragile si les cellules ne sont pas adaptées aux pressions exercées.

 

Et enfin, la peau, organe très souvent oublié, si elle n'est pas ordonnée deviendra rigide et donc plus susceptible à la moindre tension engendrant des cicatrices douloureuses et des plaies à répétition.

 

La rééducation doit donc commencer le plus tôt possible et être adaptée à l'animal.

 

Il est d'autant plus important de la commencer tôt si on a un animal âgé. Un jeune animal a de part sa croissance une capacité plus importante à réorganiser ses cellules par la suite.

 

Une rééducation bien menée est celle qui amène une tension sur le tissu cicatriciel sans jamais causer de douleur ou de dégât mais qui est suffisamment présente pour amener le tissu à s'organiser.

 

Un cheval qui boîte au pas devra être mis au repos. Mais dès lors qu'il ne boitera plus nettement au pas, il devra marcher et quand la boiterie se fera discrète au trot, on lui demandera quelques foulées. Le but sera alors de s'arrêter juste avant la foulée où le cheval se mettrait à boiter. Il peut 3 foulées de galop, on lui en demande deux... c'est ainsi qu'on arrivera à une rééducation sûre et appropriée.

 

Ce qui est valable pour le cheval l'est aussi pour les autres animaux.

 

Ainsi, une chatte opérée pour une stérilisation ne devra pas être sollicitée si elle a mal. Mais dès qu'elle n'aura plus mal, il faudra lui demander de monter dans nos bras en s'agenouillant. Juste se soulever, pas plus. Puis quand elle ira mieux, on lui demandera de courir après une souris juste 30 secondes... ainsi elle gardera la fonction de ses muscles et de sa peau et aura moins de séquelles.

 

Si vous savez vous arrêter au bon moment en écoutant ce que vous dit l'animal, vous verrez qu'ils vous en donneront d'eux-mêmes toujours plus. Ce sera alors à vous de leur dire « doucement, un peu moins » et ils en seront d'autant plus généreux.

 

Quant aux néophytes à qui on conseille la prudence et qui seront alors pressés de remettre leur animal au travail dès que la personne leur aura donné le feu vert, je leur conseillerai plutôt d'accroître l'observation de leur animal pour acquérir la sagesse du juste dosage.

 

A bientôt,

Anne

 

Poulain ayant la tête bandée - copyright : techniques d'élevage

Publié dans Elevage, Ethologie, Naturopathie

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