Bien vermifuger son cheval c’est bien déterminer son poids

Publié le par Anne Cat et François

Vermifuger est un acte important pour la santé de son cheval, de son poney ou de son âne.

Alors vous passez beaucoup de temps à choisir le BON vermifuge, celui qui vous permettra de dormir sur vos deux oreilles.

Vous comparez les molécules, les situations, vous en parlez autour de vous, vous consultez votre vétérinaire préféré.

Parfois, vous faites même une analyse des crottins.

Bref, vous mettez toutes les chances de votre côté pour être efficace et ne pas risquer l’apparition de résistances.

Et puis…

Et puis, un jour, vous allez à l’écurie, vous mettez la bague sur 500 kg parce qu’il fait bien ça et vous lui mettez le produit dans la bouche vite fait, bien fait…Vous ressortez une seringue toute engluée de pâte qui vous en met partout sur les doigts.

Et régulièrement, votre cheval n’apprécie pas le pourtant délicieux « goût pomme cannelle » (enfin, ça, c’est l’étiquette qui le dit parce qu’à sa tête, c’est plutôt beurk) et vous en recrache une partie.

Mais c’est égal, voilà une corvée de faite.

Une des causes d’apparition des résistances aux vermifuges est le sous-dosage léger comme l’utilisation d’une dose pour 600 kg à un cheval de 650 kg. Or, ce sont des cas très fréquents qui ont deux grandes origines.

L’estimation du poids

Estimer le poids d’un animal à 50 kg près à vue de nez est une gageure. Il est indispensable d’utiliser les équations.

Une erreur fréquente est d’utiliser une équation standard cheval dans tous les cas. Or, l’équation n’est pas la même pour un cheval de selle adulte, une poulinière, un jeune cheval, un cheval de trait, un poney, un âne, une mule

Pour les tous jeunes poulains, l’équation ne marche pas bien. Une solution est de partir du poids adulte et de calculer en fonction de l’âge à quel poids le poulain est.

Si les deux parents sont de format très différents et qu’on a la chance de connaître le poids de naissance, on peut faire le raisonnement inverse.

Une fois qu’on a ce poids, on le majore de 15 %. C’est ainsi qu’un cheval de 500 kg doit être traité comme un cheval de 575 kg pour éviter tout risque de sous-dosage préjudiciable.

La bonne administration du produit

Pour que le produit soit efficace, il faut qu’il soit avalé. Il faut donc administrer la totalité du produit en prenant le temps qu’il faut.

Il faut d’abord vider la bouche du cheval. Puis insérer la seringue au niveau de la commissure des lèvres et vers le haut. Puis injecter le produit en levant la tête et garder la tête en l’air jusqu’à ce que tout le produit soit avalé.

La meilleure solution pour faire cela est de se placer à droite si on est droitier. De mettre une main sur le chanfrein pour le tenir immobile pendant l’injection du produit puis de placer une main sous le menton en le tenant fermement pour empêcher le cheval de redescendre la tête.

C’est là qu’il faut faire bien attention que le cheval consomme toute la pâte malgré sa volonté évidente de vous en laisser un maximum.

Si on prend le cas d’un vermifuge très utilisé, la dose est de 4 g pour 100 kg de poids vif.

4 g, ce n’est pas beaucoup.

Cela veut dire que si dans l’opération, votre cheval arrive à vous recracher à la figure la valeur d’un petit pois, vous entrez dans le sous-dosage si vous n’avez pas avant pris la précaution de majorer de 15 % son poids.

Et même avec la majoration, s’il en fait tomber dans la paille la valeur d’une noisette, vous êtes en dessous de la norme.

C’est dire si le sous-dosage, c’est vite fait !

Bonne journée.

Catherine Kaeffer

Le bon goût du vermifuge ? Copyright Techniques d'élevage. Catherine Kaeffer, Nutritionniste équin. Nantes

Le bon goût du vermifuge ? Copyright Techniques d'élevage. Catherine Kaeffer, Nutritionniste équin. Nantes