Euthanasie, vers une mort plus douce ?

Publié le par Anne Cat et François


Quand la décision se fait pressente, que l'on désire en savoir plus, on n'a pas le cœur ni le temps de demander les détails...


L'euthanasie, c'est vous, propriétaire, qui en ferez la demande, qui prendrez votre décision. Le code de déontologie des vétérinaires veut qu'on vous laisse prendre cette décision avec un avis éclairé mais souvent on oublie, pour ne pas vous influencer, de vous parler de l'acte en lui-même.


Qu'est-ce que l'euthanasie ?


L'euthanasie n'est pas un sommeil plus profond dont on ne se réveille pas... c'est une perte de conscience paniquante pour l'animal si on ne prend pas les précautions nécessaires.


En effet, par injection intraveineuse, il faut au minimum 5 à 10 secondes après la fin de l'injection pour que l'animal perde conscience. Un temps pendant lequel il se sentira partir.


Pour le T61, par injection intraveineuse, un produit d'euthanasie très utilisé, ce laps de temps peut varier de quelques secondes à quelques minutes.


Les injections intrapéritonéales, moins pratiquées, augmentent le délai, le faisant varier entre 3 et 10 minutes.


Les injections intracardiaques, également peu pratiquées, diminuent quant à elle le temps de latence en le passant à moins de 5 secondes avant la perte de conscience. C'est une méthode très impressionnante pour le propriétaire et donc peu utilisée mais beaucoup plus rapide pour l'animal quand elle est bien pratiquée.


La mort est provoquée par les produits d'euthanasie le plus souvent par asphyxie en bloquant la respiration. L'arrêt cardiaque suit. Mais la perte de conscience, elle, est soit dû à l'effet d'un additif au produit, soit à l'asphyxie. L'animal étouffe donc parfois en pleine conscience de ce qui lui arrive.


Et ces chiffres, c'est bien sûr quand tout va bien. Car l'euthanasie peut tourner au cauchemar avec certains produits et certaines espèces ou cas particuliers.


Certains animaux au moment de l'injection présentent pendant leurs derniers instants conscients une vive excitation, des convulsions et se débattent.


Ces phénomènes sont à différencier des phénomènes normaux de « pédalage » et de mouvements réflexes juste avant la mort des animaux non conscients visibles avec certaines méthodes d'euthanasie ou d'abattage.


Il est d'ailleurs recommandé de ne pas euthanasier des animaux conscients mais de procéder au préalable à leur anesthésie comme pour n'importe quelle opération.


Certes, cette méthode est plus coûteuse en temps et financièrement, mais l'animal ne se rendrait alors pas compte de sa mort et ne paniquerait pas.


Dans tous les cas, il semble que le propriétaire (comme le vétérinaire) soit un facteur déterminant dans la douceur de ce départ.


En effet, un animal en panique ou en stress a beaucoup plus de risques de développer des symptômes ou de s'affoler au moment des premiers effets. Au contraire, un animal entouré par des personnes calmes, qui ont des gestes sûrs, et qui le rassurent partira facilement et avec un risque moindre de symptômes.


Vous avez donc un rôle important à jouer dans la mort de votre animal... et si vous n'êtes pas en mesure d'assurer votre rôle jusqu'au bout, sortez de la salle et laissez votre animal entre des mains inconnus afin que vous ne lui communiquiez pas votre angoisse.


L'euthanasie n'est donc pas une urgence, c'est un acte qui se prépare, qui s'anticipe et qui ne doit pas être pris à la légère. La méthodologie, la patience du vétérinaire mais aussi le soutien du propriétaire sont indispensables pour que tout se passe bien.


Telle une plume se dépose la caresse légère tandis que l'esprit s'élève.


A bientôt,

Anne

Chat - copyright : Techniques d'élevage

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Publié dans Urgence-Orphelin