Examen et tests neurologiques vétérinaires à l'usage du propriétaire

Publié le par Anne Cat et François

La neuropathologie commence au doute raisonnable d'un propriétaire concernant une affection probable.

Cela peut commencer par un changement de comportement, une boiterie qui ne guérit pas avec les traitements conventionnels, un animal qui fait régulièrement des « crises » sous la forme de pertes de conscience, d'agressivité, d'amnésie, de pertes d'équilibre...

Sans donner un diagnostic définitif, quelques tests permettent de se faire une idée de la zone concernée.

Par exemple, la boiterie d'un chien est-elle liée à une lésion du cerveau, à un problème de colonne vertébrale ou à une lésion du nerf du bout de la patte ?

Pour répondre à cette question, on réalise un examen neurologique vétérinaire en 5 étapes. Chaque étape étant constituée d'une série de tests indépendants adaptables selon les espèces.

On appellera de façon totalement arbitraire et pour des raisons mnémotechniques les étapes de la manière suivante :

Étape 1 : Sentiments

Étape 2 : Mouvements et équilibre

Étape 3 : Réactions posturales

Étape 4 : Contractions, tensions musculaires et réflexes nerveux

Étape 5 : Nerfs craniaux

Pour chaque test, on aura une « grille » d'évaluation composée de 5 possibilités de réponse : Cohérente, Décalée dans le temps ou l'espace, Faible ou Absente.

L'examen devra se faire au calme, dans un endroit que l'animal connait bien (le mieux étant son environnement quotidien) et en un lieu sécurisé.

Prévoyez des chutes éventuelles (un tapis pour les petits animaux ou un lit de paille épais pour les plus grands peut être utile) ou des mouvements violents. Protégez-vous et sécurisez l'environnement.

Il est très important que l'examen soit effectué par une personne que l'animal connait bien (au risque sinon de masquer ou d'exacerber certains symptômes). C'est pourquoi, vous, le propriétaire, êtes le mieux placé pour le réaliser. Bien sûr, si vous n'êtes pas à l'aise, vous pouvez faire appel à un professionnel, mais il pourra alors subsister dans le diagnostic final un biais non négligeable.

Avant de commencer, une petite précision : on ne sait pas qui de l'œuf ou de la poule est arrivé le premier.

Ce qui signifie que lorsque vous réalisez un examen neurologique, vous ne devrez pas mettre de chronologie dans vos observations, même si c'est tentant.

L'exemple classique c'est l'animal qui tombe : est-ce le trouble neurologique qui a causé la chute ou la chute qui a causé le trouble neuro ? La réponse à cette question ne devra pas être catégorique mais hypothétique si on ne souhaite pas se tromper totalement de diagnostic.

Les plus grands neurologues ne posent que des hypothèses de diagnostic tant que l'animal n'a pas été autopsié (et certains cas demeurent un mystère). Alors, observons et relevons seulement les faits.

Nous voilà donc plongé au cœur de l'examen neurologique. Nous en connaissons les rudiments et notre animal est face à nous, au calme.

Nous avons pris le temps de nous munir d'un carnet, d'un stylo, d'avoir noté les antécédents et les données fondamentales (âge, sexe, race, date des premiers symptômes ou remarques...). Ce carnet, une fois rempli nous fera un excellent pense-bête et nous permettra de ne rien oublier si on souhaite ensuite consulter un professionnel.

A bientôt,

Anne ANTA

Chat sur une pierre - illustration des examens et tests neurologiques à l'usage des propriétaires - copyright : techniques d'élevage

Chat sur une pierre - illustration des examens et tests neurologiques à l'usage des propriétaires - copyright : techniques d'élevage

Publié dans Neurologie