La dixième plaie équine : la nuée de Culicoïdes

Publié le par Anne Cat et François


Les Culicoïdes sont des moucherons hématophages de 1 à 3 mm de long liés à l'eau. Mais c'est ce que nous voyons pauvres humains, les chevaux eux voient les morsures cuisantes et l'envie de se gratter aux endroits inaccessibles.


Les Culicoïdes sont connu pour être des vecteurs de parasites (Trypanosome) et être responsable de la dermatite estivale récidivante des équidés (DERE). C'est cette dernière que nous allons voir.


Pour pomper efficacement du sang, il faut que celui-ci ne coagule pas trop vite. La salive de ces pauvres bêtes contient donc un facteur anticoagulant qui leur garantit que le repas ne sera pas trop bref...


Les protéines de la salive de notre culicoïde peuvent déclencher chez le cheval des réactions allergiques. La morsure provoque une inflammation qui active les cellules immunitaires de l'organisme. Un processus d'hypersensibilité de type I se met en place.


Une fois que les protéines allergisantes sont récupérées par les cellules présentatrices de l'antigène (CPA, pour les intimes). Les protéines seront présentées aux lymphocytes T et B.


Les lymphocytes Th0 se modifient après stimulation par un antigène précis en lymphocytes Th2 qui libèrent certaines cytokines (IL-4) lesquelles jouent un rôle important dans la réaction allergique. Ces cytokines entraînent changement de production par les lymphocytes B nouvellement produites porteuses d'immunoglobulines M (IgM) en immunoglobulines E (IgE). Les raisons de ces changement ne sont cependant pas claires.


Les IgE sont les anticorps responsables de la réaction allergique dans l'hypersensibilité de type I. En se fixant sur les récepteurs au niveau des mastocytes, à raison de deux IgE activés par le même antigène, libèrent l'histamine provoquant au niveau local le prurit intense de la dermatite.


Le cheval se gratte comme un fou. Évidemment, cela casse les poils et provoque leur chute. Mais ce serait une erreur de croire que c'est uniquement parce que le cheval se gratte qu'il perd ses poils et qu'il suffirait de l'en empêcher pour éviter cet aspect miteux de la robe ou de la queue en « queue de rat ». Et non. Les polynucléaires passent dans le follicule qui fabrique le poil, présent au niveau du derme et y provoquent une inflammation. Le follicule ne joue plus son rôle et le poil tombe, grattage ou pas.


La DERE (Dermatite estivale récidivante des équidés est une allergie. Cela veut dire que :

Cela se développe et augmente au cours de la vie d'un individu.

Certaines lignées sont plus sensibles que d'autres mais tout individu peut la faire.


Si une jument est atteinte, cela peut vouloir dire qu'elle est sensible et elle peut transmettre cette sensibilité à son poulain.


Il faut que l'allergène soit présent. Un cheval qui vit dans une zone très venteuse, où les moucherons sont peu nombreux pourra ne jamais être atteint.


Chaque épisode est ennuyeux en soi mais surtout, il aggrave le phénomène et le suivant sera plus marqué encore. Au début, les chevaux sont atteints uniquement l'été. Après, cela peut perdurer toute l'année.


Une fois apparu, la guérison n'est pas possible sauf avec une méthode de désensibilisation. Il faut gérer au mieux la maladie jusqu'à ne plus avoir de symptômes dans le meilleur des cas.


Il n'y a pas une solution mais des tas de méthodes qui toutes ensemble permettent de limiter le problème : limiter les eaux stagnantes, ne sortir le cheval qu'aux heures chaudes, utiliser des répulsifs naturels ou non (le perméthrine entre 3 et 6 % est considéré comme efficace mais attention aux effets indésirables), utiliser les zones venteuses...


Et appeler le vétérinaire en cas de grosse crise.


Bonne journée


François

Cheval au pré avec couverture. Copyright Techniques d'élevage. Nantes

Cheval au pré avec couverture. Copyright Techniques d'élevage. Nantes