Mash ou barbottage : quelles utilisations ?

Publié le par Alpha et Omega

Mash ou barbottage pour détoxifier, rafraîchir, hydrater les chevaux. Mais quelles sont réellement leurs utilisations ? 

Nous avons analysé les différentes compositions des mash et des barbottages lors d'un précédent article. Voyons maintenant leurs utilisations. 

Il ressort donc que le mash est indiqué pour des chevaux effectuant un travail intense, dont la ration habituelle est à la hauteur donc très riche en concentrés. Il doit compenser les pertes de minéraux par la sueur et faciliter l'élimination rénale des déchets liés à l'exercice.

 Un bémol mais de taille : si cela marche si bien pour les chevaux « brûlés à l'avoine », c'est que c'est une préparation souvent nettement moins nutritive qu'une alimentation normale. C'est pour cela que c'est très utilisé sur les chevaux de course les jours de repos, cela permet de baisser la ration tout en donnant du plaisir au cheval et éviter ainsi les coups de sang.

 Mais le donner à un vieux cheval dénutri si par ailleurs il mange correctement sa ration ou pire à un jeune poulain en pleine croissance ou à une jument en pleine lactation, c'est illogique.

 C'est donc une préparation qui selon sa réalisation oscille entre hygiénique et « thérapeutique ». Elle doit correspondre à une analyse de la situation et n'être utilisée que pour les chevaux « à risques ».

 Si elle doit être distribuée régulièrement, il faut donc le faire le jour de repos du cheval et évidemment en tenir compte pour offrir une alimentation un choua plus riche les autres jours.

 Cas particulier, comme ils sont très appétents (surtout si on ajoute des condiments), ils sont bien adaptés à des chevaux qui ont du mal à manger leur ration (convalescents, chevaux âgés). Mais cela ne doit être que très transitoire, quelques jours le temps de rétablir un transit, de leur redonner l'habitude de manger. Mais rapidement, il faudra passer à quelque chose de plus nutritif pour éviter un amaigrissement.

 Dans de rares cas, on peut distribuer une « soupe » (le plus souvent non cuite donc sous forme de barbotage) de façon régulière en utilisant une ration normale comme produit de base. Il s'agit à ce moment-là d'une simple présentation différente de l'aliment. Cela peut être très adapté pour les chevaux ayant des problèmes de dents, des difficultés de déglutition ou de graves problèmes respiratoires. Il faut cependant une hygiène rigoureuse.

 Exemple d'utilisation d'un mash « tout prêt » :

 Il s'agit d'une écurie où les chevaux effectuent un travail intense. Ils reçoivent 2 repas par jour de floconnés. Un repas par semaine, ce floconné est remplacé par un mash industriel. Voyons quelle conséquence ce remplacement a sur les apports nutritionnels des chevaux.

 Les quantités moyennes distribuées sont celles préconisées par le fabricant. Un apport de foin complémentaire est effectué. La ration de base est supposée équilibrée.

 Apport d'un repas

 

 

UFC

MADC (g)

CB (g)

Ca (g)

P (g)

Mg(g)

Zn (mg)

Cu (mg)

Normal

2,3

238

263

20,0

12,5

65,0

160,0

75,0

Mash

2,1

135

126

2,3

6,3

2,7

45,0

21,6

Sigles :  UFC = Unité fourragère cheval (énergie) ; MADC = matière azotée cheval (azote sous forme de protéines ou non) ; CB = cellulose brute (fibres) ; Ca = calcium ; P = phosphore ; Mg = magnésium ; Zn = zinc ; Cu = cuivre ;

 

Conclusions :

 Le repas mash est seulement 10 % moins énergétique qu'un repas normal ce qui paraît peu. Les normes préconisent une baisse de 35 % de l'apport en énergie pour un cheval de compétition ou de course lors de sa journée de repos hebdomadaire. A noter que cette énergie est apportée davantage par des lipides que par de l'amidon ce qui est favorable à la prévention des dysmicrobismes et des pathologies qui peuvent en résulter comme les coliques ou les fourbures.

 Par contre, il contient 43 % de moins de protéines, alors que les normes prévoient une chute quasi proportionnelle à celle de l'énergie (32 %). Cela amène le mash à un rapport MADC/UFC de 64 g ce qui est très faible mais sera vraisemblablement compensé par le foin.

 La chute des besoins en Ca, P et Mg est généralement estimée entre 45 et 50 %. Mais dans ce type de ration, il n'y a que le P qui se tient dans ces chiffres. Pour le Ca et le Mg, ce sont des descentes réellement vertigineuses (et j'ai vérifié les chiffres !)

 Il faut rappeler qu'une transpiration abondante entraîne une chute des taux sanguins de calcium et de magnésium notamment alors que le phosphore tend lui à augmenter. Ce mash ne permet donc pas de compenser les pertes de ces composés.

Les apports en Zn et en Cu sont considérablement réduits alors que les préconisations sont de conserver des apports en zinc quasi constants et de baisser de 17 % simplement les apports en cuivre.

Catherine Kaeffer

Vieille ponette avec difficultés masticatoires. Techniques d'élevage tous droits réservés

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