Troisième étape de l'examen neurologique vétérinaire à l'usage des propriétaires

Publié le par Anne Cat et François


Voici la suite de la série sur la neurologie appliquée pour les propriétaires et les praticiens non vétérinaires. Les quatres articles précédents sont les suivants : introduction / notions de base / étape 1 / étape 2


Étape 3 : Réactions posturales


Cette étape permet de détecter des atteintes neuronales dès les premiers stades et est parfois la seule à répondre positivement à cette hypothèse. Il est donc important de connaître les tests et réponses anormales possibles pour éliminer ou considérer au plus tôt une hypothèse neuronale.


Tout d'abord, on vérifiera l'état des muscles.


L'animal sera palpé soigneusement en position debout en comparant les deux côtés de l'animal pour chaque muscle. Pour augmenter la rigueur de cette comparaison, on palpera de façon identique.


Par exemple, pour un membre antérieur. On se placera face à l'épaule et on palpera en descendant, les deux mains le long du membre. Une fois le membre antérieur palpé, on changera de côté, on se placera de façon identique et on descendra à nouveau le membre.


Pour augmenter les sensations, on pourra procéder pour certaines palpations à une palpation à l'aveugle (en fermant les yeux).


On notera une différence de volume (augmentation : hypertrophie, diminution : atrophie), une différence de consistance, de fermeté, de positionnement... et les réactions de l'animal.


Une fois ces constations faites, on manipulera les membres en extension et en flexion à la recherche d'un manque de maitrise ou de douleur. Le lâcher brusque peut aider à appréhender l'aspect maitrise du mouvement.


La queue sera aussi vérifiée en la palpant et en testant sa tonicité. On la placera dans le prolongement de la colonne vertébrale avant d'exercer une très légère tension. A cet instant, on vérifiera la tonicité de l'anus.


Ensuite, on passe aux tests proprement dit.


Test 1


Un test de posé incohérent sera réalisé pour contrôler le fonctionnement de tout le système nerveux à l'origine de celui-ci : membre fléchit, on placera le sabot ou la patte de manière à ce que la face supérieure repose au sol en l'étendant doucement. On relâchera alors et on évaluera le temps nécessaire pour que l'animal perçoive le posé anormal et le corrige.


Par commodité ou pour une analyse plus fine, on pourra déposer le membre sur une épaisseur (une marche d'escalier par exemple) avant de demander un report de poids à l'animal sur le membre anormalement posé.


Ce test se réalise aussi avec une légère variante : on pose la patte d'un animal sur un cube ou un objet à deux faces (une supérieure et une face à l'animal), sur la face devant lui. Instinctivement, il ira la remettre sur le dessus du cube ou de l'objet.


A noter : un animal peut savoir que le membre ne se pose pas correctement et ne pas être capable de corriger ou au contraire être capable de corriger mais ne pas se rendre compte du soucis. Ce test réalisé à l'aveugle permet de se rendre compte de l'influence de la vision dans la réponse.


Test 2


Ce test nécessite une coopération de l'animal. Veillez donc à le rassurer et à lui parler régulièrement.


Prenez un membre antérieur et maintenez-le contre sa cage thoracique puis faites exécuter par l'animal un mouvement sur le côté. L'animal devra sauter et se rétablir sans difficulté sur son seul membre restant.


Les membres postérieurs ne doivent pas bouger lors du test et l'opérateur ne devra pas supporter le poids de l'animal.


Ce test sera fait pour tous les membres. Pour les membres postérieurs, c'est le déséquilibre vers l'arrière qui amènera au mouvement (on fait reculer l'animal sur un membre).


Ce test permet de juger de la tonicité et de la maîtrise d'un membre. On peut aussi détecter un problème d'équilibre ou de délai dans les messages nerveux si le mouvement n'est pas fluide ou est excessif.


Test 3


Le test du cercle est très utilisé pour détecter les anomalies du mouvement quand le test précédent ne peut être réalisé.


On place l'animal en cercle de tout petit diamètre autour d'un meneur, on fait 8 à 10 tours dans un sens puis on change. On observe à chaque instant le membre antérieur et le membre postérieur interne. Ceux-ci doivent avoir un déplacement fluide et dans l'axe.


Un mouvement anormal sera irrégulier et amènera à une rotation du membre sur lui-même vers l'intérieur du cercle. Une flexion ou une extension exagérée sont aussi les marques d'un problème.


La queue peut être tenue un ou deux tours avant d'être relâchée brusquement. Cette stratégie permet de mettre en évidence une ataxie (manque de coordination fine des mouvements volontaires) ou un manque d'équilibre.


La comparaison entre les membres doit se faire entre antérieurs et entre postérieurs. La comparaison d'un postérieur et d'un antérieur, au vu des différences physiologiques, n'aura aucun sens.


Le test du cercle devra être réalisé avec précaution si l'animal est très atteint à cause du risque de chute.


Les chevaux pourront aussi réaliser en plus du test du cercle, une serpentine aux boucles serrées pour affiner le diagnostic.


A bientôt,

Anne KAEFFER

Présentation d'un chien dans un concours - photo soumise à droits d'auteurs - Techniques d'élevage

Présentation d'un chien dans un concours - photo soumise à droits d'auteurs - Techniques d'élevage

Publié dans Neurologie