Mon cheval a fait un AVC

Publié le par Anne ANTA. Editions Alpha et Omega

Quand le vétérinaire annonce qu'un cheval a fait un AVC, beaucoup de propriétaires sont partagés entre le désespoir et la panique. Mais qu'a voulu dire votre vétérinaire ? Quand parle-t-on d'AVC ? Quels traitements ? Quel avenir pour un cheval atteint d'AVC ?

L'AVC, Accident Vasculaire Cérébral pour les intimes, est un terme utilisé essentiellement en médecine humaine et désigne un arrêt de la circulation sanguine avec un impact sur le cerveau.

En médecine vétérinaire, le terme a été repris et adapté en faisant le rapprochement entre les symptômes humains et les symptômes équins dans le cadre d'un examen clinique de base.

L'AVC équin est donc le plus souvent utilisé comme un terme de vulgarisation auprès du propriétaire et pour désigner un trouble neurologique dont le vétérinaire suppose qu'il a une origine cérébrale.

Les symptômes des équidés concernés sont variés, depuis la fatigue, la confusion mentale en passant par les troubles moteurs. L'atteinte cérébrale est évaluée par le vétérinaire qui indique alors au propriétaire que le cheval a fait "comme" un AVC.

Les causes de l'AVC équin sont hypothétiques et n'ont parfois pas grand chose de commun avec l'AVC humain. Ces causes incluent le traumatisme, une migration parasitaire, une infection virale, bactérienne... la prédisposition génétique est une hypothèse qui n'a pas été validée. Il n'est pas toujours possible de déterminer la cause d'un AVC.

Le traitement proposé pour un cheval considéré comme atteint d'AVC est dépendant de la cause supposée. Néanmoins, en pratique, la plupart du temps, quand l'état du cheval n'est pas trop dégradé, le vétérinaire propose un traitement principalement symptomatique et la recherche de causes est limitée.

Dans certains cas, le vétérinaire va détecter une souffrance ou estimer que le retour à la normale n'est pas possible et l'euthanasie sera proposée.

Dans les troubles d'origine cérébrale, la plupart des études tendent à montrer que l'atteinte doit être sérieuse pour qu'un symptôme physique puisse être visible et pour qu'un diagnostic soit posé. Il y a également des éléments qui permettent d'estimer que les chevaux atteints se remettent souvent bien sur le plan physique. Une hypothèse sur le fonctionnement du cerveau du cheval permet d'émettre l'idée qu'une atteinte est rarement invalidante. Cependant, il est intéressant de noter que ces études sont parfois anciennes et que les critères de récupération physique, avec reprise de la compétition ou d'une activité physique normale, sont les seuls pris en compte. A ce jour, l'impact d'un trouble cérébral sur le mental d'un cheval est incertain et son évolution inconnue.

Ce qu'il faut retenir, si votre cheval a fait un AVC, c'est que les causes sont multiples et qu'une recherche de certaines causes permet parfois d'avoir un traitement plus efficace et d'éviter une récidive, que certaines causes ne sont plus décelables au moment des symptômes, que le rétablissement physique est fréquent, mais pas systématique et que le rétablissement mental est quant à lui incertain. La souffrance peut être importante et longue.

Anne ANTA

Retrouvez "Le langage commun en l'Homme et le Cheval : une utopie ?", un livre de l'équipe de Techniques d'élevage.

Pour commander une de nos publications, utilisez l’onglet "Commander un de nos produits" en haut de cette page ou connectez-vous sur notre boutique en ligne.

La garantie de l'expertise, le choix de l'indépendance
MAJ Aout 2021

Cheval au pré. Tous droits réservés à Techniques d'élevage (R)

Cheval au pré. Tous droits réservés à Techniques d'élevage (R)