Ce n’est pas parce que vous n’avez rien demandé que cela ne vous coûtera pas cher !

Publié le par Alpha et Omega

 

En alimentation équine, il y a ce que vous avez « commandé » :

 

- Vous achetez un poulain et vous savez qu’il a un potentiel de croissance et donc qu’il faudra l’alimenter en conséquence ;

 

- Vous demandez à votre cheval de travailler, de sortir en concours, vous savez que vous devrez l’alimenter plus ;

 

- Vous achetez un KWPN et vous vous attendez à ce qu’il mange plus qu’un shet…

 

Ce sont des points sur lesquels vous avez une emprise, qui résultent de vos choix. Pour prendre un langage commercial, vous avez demandé un certain nombre de prestations (croissance, travail…) qui vous seront facturées de façon tout à fait logique et prévisible.

 

Mais imaginez que votre épicier vous fourre de force un produit dans votre panier, à votre insu, et arrivé à la caisse vous demande de le payer… vous auriez tôt fait de lui jeter le dit produit à la tête d’un geste rageur en le traitant d’escroc à la petite semaine ! Et vous auriez totalement raison.

 

Mais dans le monde du cheval, cela se passe autrement.

 

Votre étalon fait le tour du pré au passage et piaffe pour attirer l’attention de la séduisante demoiselle du pré d’à côté. Vous n’avez rien demandé. Seulement, ce soir, en apportant le foin et la ration, il vous faudra régler les dépenses de ce piaffer sublime ou de ce trot aérien que vous n’avez pas souhaité et dont vous n’avez peut-être même pas profité pour vous rincer l’œil.

 

Votre cheval vous fait une myopathie parce qu’il est PSSM. Ses muscles sont contractés sur une longue période, ce qui ne vous arrange pas du tout… et lui non plus. Mais cependant, qui dit muscle contracté dit consommation d’ATP, de catalyseurs, détoxication par le foie et les reins… bref, tout un tas de processus coûteux qu’il vous faudra compenser par l’alimentation.

 

Votre cheval a des carences qui datent de son enfance. Il a alors bâti son corps comme il a pu : pour prendre une image, il s’est fait une cabane de bric et de broc. Son arrivée chez vous lui permet de retrouver une alimentation normale. Pour lui c’est l’équivalent de passer d’un SMIC à un salaire de PDG. Du coup, il décide de remplacer sa cabane par une villa avec piscine : il remanie l’ensemble de ses structures, il minéralise ses os, il pourra même si son âge lui permet reprendre un peu de croissance.

 

Ce phénomène l’entraîne dans des dépenses notamment minérales bien au dessus des besoins normaux d’un cheval de son âge. Et il pourra se retrouver en carence avec une alimentation normale… parce qu’il est en train de tout remanier.

 

Ce sont des phénomènes à prendre en compte lorsqu’on établit les besoins d’un cheval.

 

Catherine Kaeffer

 

 

Etalon. Techniques d'élevage tous droits réservés

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