Mon cheval tique : tic en l’air ou tic à l’appui ?

Publié le par Anne Cat et François

 

Lorsqu’on parle d’un cheval tiqueur sans préciser, il s’agit d’un tic aérophagique.

 

Il est caractérisé par des mouvements très divers au cours desquels le cheval avale de l’air. Cette déglutition est difficile par la seule action des muscles sollicités pour manger ou boire. Il est donc indispensable que le cheval plaque sa langue contre le palais fortement.

 

Pour mieux exécuter l’envoi de l’air vers l’œsophage, le cheval prend un point d’appui et fixe le carrefour pharyngo-laryngé. Cette forme de tic est dit « à l’appui ». Il s’accompagne d’un bruit spécial, semblable par un rot.

 

Pour tiquer, le cheval cherche donc un appui qui peut être le râtelier, le bord de la mangeoire, la porte. Le vice devient tellement invétéré qu’il trouve quasi toujours un autre appui si on lui supprime son appui précédent.

 

Il en résulte une usure des dents, une hypertrophie des muscles de l’intermaxillaire en arrière du menton, qui débordent alors le niveau osseux au lieu de rester en creux et une augmentation notable du volume des muscles de la gorge.

 

Souvent, surtout si on a cherché à supprimer tous les appuis, le cheval apprend à exécuter ce mouvement sans appui en rouant l’encolure et en effectuant un grand mouvement de tête.

 

C’est ce qu’on appelle le tic « en l’air » entendez, sans appui. L’expression « tic à l’air » apparue récemment, vient d’une confusion avec le but du tic : avaler de l’air.

 

Dans le tic « en l’air », les modifications musculaires sont les mêmes que dans sa version « à l’appui » mais les dents ne sont pas usées.

 

L’air ingurgité passe le plus souvent dans l’estomac où il s’accumule et qu’il dilate au point d’appuyer très fortement sur le diaphragme, et donc contre le cœur et une partie du poumon. Le fait de tiquer faisant produire des endomorphines, le tic s’exacerbe dans toutes les situations stressantes.

 

De l’estomac, l’air passe dans l’intestin où il occasionne un ballonnement parfois considérable pouvant gêner la circulation sanguine. Les coliques sont fréquentes.

 

A noter que selon Marcenac, on peut observer chez les chevaux forts tiqueurs un relâchement du cardia permettant la régurgitation de l’air et allant parfois jusqu'à rendre possible le vomissement, normalement impossible.

 

Un cheval qui commence à tiquer n’est pas facile à surprendre car il le fait souvent en cachette. Mais dès qu’on s’en rend compte, il faut prendre toutes les mesures pour que cela ne s’installe pas : supprimer les appuis, donner à manger à terre, occuper le cheval, rendre son environnement plus riche, le mettre au pré, éviter tout stress.

 

Un lien serait possible entre les ulcères gastriques et le tic. Effectivement ils sont tous les deux signes de stress. Le fait d’avoir une ration riche en fourrage, diminue le risque d’ulcères et occupe le cheval lui procurant un confort physique et psychique.

 

Au travail, il faut prévoir un gros mors pour éviter que le cheval puisse tiquer. Il existe des colliers anti-tiqueurs pour éviter la déglutition. Pour les tiqueurs en l’air, on utilisait autrefois un surfaix avec une barre fixée entre le surfaix et le licol. Ainsi, le cheval ne pouvait plus rouer l’encolure ni faire de grands mouvements de tête et donc ne pouvait plus tiquer.

 

On peut aussi utiliser les dispositifs permettant d’empêcher un cheval de mordre un pansement.

 

Mais ces méthodes coercitives ne résolvent pas le problème et ne sont intéressantes que si le risque de complication est important. En outre, elles sont accusées d’accentuer le stress ce qui va à l’encontre du but recherché.

 

Rappelons que le tic, en l’air comme à l’appui, est un vice rédhibitoire qui permet de faire annuler une vente si l’acheteur n’est pas prévenu du problème.

 

Une fois installé, il est très difficile voire impossible de guérir le cheval. Mais souvent on arrive à diminuer la fréquence à laquelle il le fait. Un cheval sollicité constamment que ce soit par un homme ou par un congénère, pensera moins à tiquer.

 

Bonne journée.

 

Catherine Kaeffer

 

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Cheval qui tique à l'appui sur son loquet de porte. Notez la contraction des muscles. Image soumise à droits d'auteurs. Techniques d'élevage. Nantes.

Cheval qui tique à l'appui sur son loquet de porte. Notez la contraction des muscles. Image soumise à droits d'auteurs. Techniques d'élevage. Nantes.

Cheval portant un collier anti tiqueur. Image soumise à droits d'auteur. Techniques d'élevage. Nantes

Cheval portant un collier anti tiqueur. Image soumise à droits d'auteur. Techniques d'élevage. Nantes

Traces laissées par un collier anti tiqueur sur la gorge d'un cheval. Image soumise à droits d'auteur. Techniques d'élevage. Nantes

Traces laissées par un collier anti tiqueur sur la gorge d'un cheval. Image soumise à droits d'auteur. Techniques d'élevage. Nantes