Race, lignée, déterminisme génétique, précocité du poulain et problèmes pathologiques

Publié le par Anne Cat et François

 

Les poulains des races de petits formats sont réputés plus précoces et moins sensibles à la qualité des apports alimentaires pendant le jeune âge. Ils sont souvent considérés comme rustiques et ne nécessitant ni aliment complémentaire ni apport de minéraux. Leur élevage traditionnel en troupeau, sous-tendait que les jeunes restaient très tard avec leur mère et bénéficiaient donc d'un apport de lait sur des périodes longues. Les pratiques actuelles d'élevage et de sevrage ainsi que les exigences en termes de qualité du poulain et de taux de survie remettent en cause cet équilibre.

 

Les sélections récentes dans le but d'améliorer l'esthétique comme chez les arabes ou de diminuer la taille comme chez les toys, a éloigné certaines lignées de leur modèle traditionnel, amenant de ce fait à repenser leur alimentation sur de nouvelles bases. L'utilisation avec ces animaux des méthodes d'élevage traditionnelles sans tenir compte de leur évolution génétique peut conduire à des problèmes sévères.

 

Si pour une race donnée, traditionnellement rustique, une alimentation plus libérale des poulains permettait d'augmenter le format au-delà des standards de la race, cela signifierait que les méthodes d'élevage traditionnelles ne permettaient pas l'expression du potentiel génétique et donc que les standards ont été établis sur des animaux dont les croissances étaient systématiquement limitées par l'environnement.

 

Pour les races à fort développement, considérées généralement comme plus tardives, on assiste à des poussées de croissance importantes chez le poulain qui exigent une attention toute particulière pour pouvoir être suivies sur le plan alimentaire. Du fait de leurs besoins plus importants, ce sont des poulains qui ont plus de risques que les autres de souffrir en cas d'alimentation insuffisante ou mal équilibrée.

 

On pense souvent à ce sujet aux races de type grand selle ou aux races allemandes de chevaux de sport ou de dressage. On pense beaucoup moins souvent aux grands traits type percherons, shires ou clydesdales dont les vitesses de croissance sont encore plus importantes mais qui sont réputés rustiques.

 

On retrouve souvent sur ces races, des problèmes osseux, tendineux, de pieds qui font penser à un déterminisme génétique voire à une caractéristique de la race ou de la lignée.

 

Mais on pourrait aussi légitimement se poser la question de savoir s'il ne s'agit pas en fait d'une simple prédisposition en rapport avec des besoins nutritionnels plus élevés et plus impératifs qu'il importe de satisfaire par un excellent rationnement alimentaire. Évidemment, cette interprétation est psychologiquement moins facile à admettre car elle interpelle directement l'éleveur et remet en cause les pratiques habituelles.

 

Quand on voit tous les efforts qui ont été accomplis pour l'amélioration génétique, maillon fort de notre sélection, on ne peut que regretter que l'alimentation demeure le maillon faible en restant inféodée soit à des pratiques empiriques soit à des courants de pensée sans fondement zootechnique.

 

Catherine Kaeffer

 

Jeunes chevaux au pré. Techniques d'élevage 2014. Image soumise à droits d'auteur

Jeunes chevaux au pré. Techniques d'élevage 2014. Image soumise à droits d'auteur

Publié dans Spéciale équidé, Elevage

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