Mon cheval a une verrue ! Oui, mais laquelle ? Les verrues bénignes.

Publié le par Catherine, Francois et Anne

 

 

 

Les « verrues » ont toutes un point commun, elles présentent à un stade de leur développement un aspect extérieur similaire sur la peau de nos chevaux : une surface grisâtre plus ou moins plane avec parfois une masse que l'on qualifiera de papillomateuse ou en forme de « chou-fleur ». Elles peuvent être plus ou moins sanglantes ou croûteuses sans que cela soit spécifique.

 

L'analyse des tissus reste la méthode la plus fiable pour faire la différence entre les « verrues » équines. Néanmoins, on pourra suspecter certaines « verrues » du fait de leur plus forte probabilité d'apparition dans les conditions observées. Car elles ont chacune leurs petites manies !

 

Les papillomes congénitaux sont rares mais facilement reconnaissables car présents dès la naissance du poulain. Ils sont en général totalement bénins mais inesthétiques. Le traitement repose souvent sur une exérèse chirurgicale. Ce sont les seules « verrues » où la cause n'est pas virale.

 

Pour toutes les autres « verrues », selon les dernières hypothèses, des papillomavirus seraient impliqués. Ces virus, infectant la peau et se développant dans certaines cellules du cheval, déclencheraient une réaction excessive de type tumoral de la part de l'équidé.

 

D'apparition plus tardive, les papillomes d'origine virale se différencieront des papillomes congénitaux par leur absence à la naissance.

 

Les papillomes d'origine virale se développent sur le nez, les lèvres, les paupières, les membres postérieurs, l'appareil génital ou à l'intérieur du pavillon de l'oreille. Ils sont généralement petits mais nombreux, ce qui permet parfois de les différencier des autres types de « verrues ». Quelques papillomes, notamment auriculaires, pourront former des plaques uniques.

 

Ces papillomes sont également bénins et disparaissent le plus souvent naturellement avec le développement de l'immunité du poulain. Il peut néanmoins être conseillé de pratiquer une chirurgie ou d'effectuer des analyses si le papillome est unique pour vérifier qu'il ne s'agit pas d'un autre type de « verrue ».

 

Dans le cas où le développement du papillome a lieu après la phase de développement de l'immunité, celui-ci pourra persister plus d'une année avant de se résorber. L'exérèse chirurgicale peut alors être envisagée pour des raisons esthétiques et afin de prévenir toute évolution défavorable.

 

Afin d'éviter des interventions excessives, il est recommandé de soigner les papillomes d'origine virale et de les protéger des insectes. Ce sont en effet ceux-ci, avec leurs petites pattes, qui vont aller du poulain (ou jeune cheval) infecté aux autres poulains et propager ainsi le virus responsable des papillomes. Les contacts directs entre poulains peuvent également donner lieu à une contamination.

 

L'apport de magnésium est quelque fois suggéré afin de faire disparaître les papillomes. Il n'y a pour l'instant pas de preuve de l'efficacité d'un tel traitement, néanmoins, une ration équilibrée sur le plan minéral donne un système immunitaire plus efficace et donc plus à même de résoudre le problème.

 

En dehors de l'intervention chirurgicale, il est déconseillé de faire saigner les « verrues » car elles pourraient alors attirer les mouches qui se souilleraient les pattes avec le virus. Des pattes qui pourraient infecter d'autres plaies ou d'autres chevaux au gré du vol de ces insectes.

 

Les chevaux adultes sont en général immunisés vis-à-vis des papillomes d'origine virale. Leur développement devra donc alerter le propriétaire car il pourrait être le signe d'une baisse significative des capacités du système immunitaire.

Les "verrues" malignes seront vues dans un prochain article.

 

 

Tous droits réservés. Techniques d'élevage

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