Mon cheval a une verrue ! Oui, mais laquelle ? Les verrues malignes.

Publié le par Catherine, Francois et Anne

 

 

Les « verrues » ont toutes un point commun, elles présentent à un stade de leur développement un aspect extérieur similaire sur la peau de nos chevaux : une surface grisâtre plus ou moins plane avec parfois une masse que l'on qualifiera de papillomateuse ou en forme de « chou-fleur ». Elles peuvent être plus ou moins sanglantes ou croûteuses sans que cela soit spécifique.

 

L'analyse des tissus reste la méthode la plus fiable pour faire la différence entre les « verrues » équines. Néanmoins, on pourra suspecter certaines « verrues » du fait de leur plus forte probabilité d'apparition dans les conditions observées. Car elles ont chacune leurs petites manies !

 

Les verrues bénignes ont été vues dans cet article : Mon cheval a une verrue ! Oui, mais laquelle ? Les verrues benignes

 

Généralement diagnostiqués chez les chevaux âgés de plus de 3 ans, les carcinomes épidermoïdes et les sarcoïdes sont deux autres « types » de « verrues » que l'on peut voir sur nos équidés.

 

Ces « verrues » pourraient se développer chez des chevaux âgés de moins de 3 ans, mais la ressemblance avec les autres formes bénignes et la discrétion d'évolution des premiers stades retardent souvent le diagnostic.

 

Un diagnostic qu'il est important de poser car, contrairement aux papillomes, les carcinomes épidermoïdes et les sarcoïdes peuvent avoir une évolution localement invasive. C'est pourquoi, ces « verrues » sont souvent qualifiées de malignes.

 

Commençons par les carcinomes épidermoïdes équins.

 

Ils se développent au niveau de l'orbite, de la paupière ou à l'intérieur de l'oeil de l'équidé et se retrouvent plus rarement sur les parties génitales.

 

Ils colonisent les zones particulièrement exposées aux UV car peu pigmentées, recouvertes de poils clairs ou glabres. La présence d'une irritation chronique de la peau favoriserait leur développement.

 

Les carcinomes ne sont pas contagieux par contact direct. Ils ne sont pas non plus héréditaires, mais les conditions favorables à leur développement peuvent l'être. Si bien qu'on retrouve des « familles » plus atteintes que d'autres.

 

Les carcinomes épidermoïdes, discrets dans un premier temps, se caractérisent par une zone inflammatoire « rouge » avec un exsudat sombre. Ils évoluent ensuite en lésions ulcératives spécifiques ou en masses papillomateuses. C'est cette évolution en masse qu'on appellera communément « verrue ».

 

Les carcinomes épidermoïdes ne guérissent pas spontanément et nécessitent une intervention chirurgicale avec exérèse partielle ou complète de la « verrue ». Cette intervention devra s'accompagner d'une thérapie annexe afin de maximiser les chances de succès et d'éviter les fréquentes récidives. Il pourra être conseillé d'utiliser la cryothérapie, la chimiothérapie ou l'immunothérapie.

 

Les sarcoïdes peuvent être présents partout sur le corps de l'équidé. Toute zone susceptible d'être blessée et en contact avec les pattes des arthropodes pourra dégénérer en sarcoïde si le cheval y est sensible. Une sensibilité qui pourrait être héréditaire.

 

Les premiers stades des sarcoïdes ressemblent à des plaques de peau dure, à des « boules » sous la peau ou à des « verrues ». Ces stades sont appelés occultes, nodulaires ou verruqueux. Ils sont bénins et seulement inesthétiques. L'exérèse chirurgicale complète permet la guérison des lésions et un traitement d'appoint similaire à celui employé pour les carcinomes évite les récidives.

 

Les sarcoïdes bénins, s'ils sont lésés accidentellement ou suite à des traitements inappropriés ou incomplets, pourront évoluer en une forme invasive dite maligne. Ces sarcoïdes porteront les noms de fibroblastiques, mixtes ou malins et seront caractérisés par un aspect sanglant, bourgeonnant et une évolution rapide. Les traitements auront alors une efficacité limitée et les récidives virulentes pourront être fréquentes.

 

Pour en savoir plus sur les sarcoïdes, consultez nos deux articles sur le sujet : prévention et traitement.

 

En conclusion, en matière de « verrues » équines, la prévention passe par une surveillance attentive de toute lésion suspecte, le port de masque quand l'ensoleillement est important et la lutte contre les insectes.

 

Sarcoïde au niveau de l'oreille. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

Sarcoïde au niveau de l'oreille. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

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