Capacité d’ingestion et ingestibilité chez le cheval

Publié le par Alpha et Omega

 

Lorsqu’on cherche à estimer les quantités ingérées par un cheval, on peut regarder le problème de deux points de vue différents :

 

1. En fonction du cheval considéré, de son poids et de son activité,

 

2. En fonction du ou des aliments utilisés et de leurs caractéristiques.

 

Cela entraîne en alimentation deux notions :

 

1. La capacité d’ingestion qui cherche à estimer les quantités ingérées par le cheval sans tenir compte des aliments.

 

2. L’ingestibilité qui cherche à définir pour un aliment donné, la quantité qui sera ingérée par un cheval « moyen »

 

Dans la pratique, ces deux éléments de réflexion, permettent de cerner au mieux la situation.

 

La capacité d’ingestion

 

Prenons un exemple :

 

Un cheval de 500 kg à l’entretien a une capacité d’ingestion de 9,5 kg de matière sèche (MS)/j avec un régime riche en fourrage et de 7,5 kg de MS/j avec un régime riche en aliments concentrés. Et oui, bien qu’on ait dit plus haut qu’on ne regarde que le cheval et pas l’alimentation, on est tout de même obligé de faire une différence en fonction du rapport fourrage/concentré du régime…

 

Ce cheval a donc une capacité d’ingestion qui varie entre 1,5 et 1,9 kg MS/100 kg de poids vif (PV) /j. Chez la jument gestante, l’encombrement du poulain limite la capacité d’ingestion à 1,4 à 1,8 kg de MS/100 kg PV / j. Par contre, après la mise-bas, le poulain ne comprimant plus les organes, elle va exploser dès les premières semaines à 2,5 kg de MS/100 kg PV / j pour passer par un maximum entre 3 et 3,5 kg de MS/100 kg PV / j.

 

L’ingestibilité

 

Si on regarde maintenant le problème en fonction du fourrage utilisé.

 

L’ingestibilité d’une herbe est de l’ordre de 1,5 à 2,0 kg de MS/100 kg PV / j.

 

Celle d’un foin entre 1,6 et 2,4 kg de MS/100 kg PV / j.

 

Si l’on donne un ensilage d’herbe à 22 % de matière sèche identique à celui qu’on donne aux bovins (ce qui n’est pas souhaitable), le cheval marque sa désapprobation et la consommation chute à 0,8 kg de MS/100 kg PV / j.

 

Par contre, si vous donnez un ensilage pré-fané à 36 % de MS, il appréciera beaucoup plus et sa consommation remontra au niveau d’un foin soit environ 1,8 kg de MS/100 kg PV / j.

 

Le mi-fané présenté sous forme de balles rondes enrubannées est très apprécié puisqu’il est au niveau des meilleurs foins (2,3 kg de MS/100 kg PV / j). C’est la raison pour laquelle, on entend souvent dire qu’il ne faut pas donner l’enrubanné à volonté. En fait, si les besoins énergétiques sont suffisants, cela ne pose guère de problème à condition de tenir compte de cette ingestibilité importante. Par contre, évidemment, si vous avez un cheval à faibles besoins, vous aurez vite fait de vous retrouver avec un tonneau sur pattes. D’autant qu’en général, les enrubannés sont récoltés un peu plus jeunes que les foins car ils sont moins dépendants de la météo.

 

Il semblerait que l’ingestibilité des foins de légumineuses soit de 10 à 20 % supérieure à celui d’un foin de graminée.

 

Il semblerait aussi, sans qu’on ait de chiffres qu’un foin de bonne qualité et de prairie naturelle, soit préféré et donc mieux consommé.

 

Par contre, on n’a trouvé aucune relation entre la teneur en fibres et l’ingestibilité d’un foin.

 

Pour les pailles de céréales, l’ingestibilité est relativement faible (mais très variable selon le cheval) à 0,8 kg de MS/100 kg PV / j.

 

Le deal : faire la synthèse

 

Si vous êtes sur une distribution à volonté, il est donc nécessaire de faire une synthèse, une cote mal taillée si vous préférez, entre la capacité d’ingestion du cheval et l’ingestibilité du fourrage concerné. Si les chiffres sont cohérents, pas de problème. Mais s’ils ne le sont pas, il conviendra de voir en fonction de chaque situation, lesquels s’approchent le plus de la réalité.

 

Pour l’herbe, le problème est encore plus important. Une herbe à volonté, c’est un pâturage de surface et de densité suffisante avec une herbe entre 7 et 50 cm. Dans ces limites, vous pouvez considérer le cheval à volonté et prendre le plus haut des deux chiffres (ingestibilité ou capacité d’ingestion).

 

Catherine Kaeffer

 

Fourrage enrubanné. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

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