Réduire la teneur en glucides solubles d’un foin par trempage

Publié le par Alpha et Oméga

 

Il est parfois nécessaire de limiter la teneur en glucides solubles d’un foin du fait de certaines pathologies : la fourbure liée à une intolérance aux fructanes, la PSSM (myopathie à stockage de polysaccharides), l’insulino-résistance.

 

Dans ce cas, il est souvent conseillé de faire tremper le foin pour éliminer les glucides solubles. Le graphique suivant montre l’effet de cette pratique.

 

D'après Meriel et al. 2014. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

D'après Meriel et al. 2014. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

 

Effectivement par rapport à un foin sec, le trempage pendant 9 heures dans une eau à 16 ° permet de diminuer la quantité de glucides solubles d’une proportion variant de 23 à 52 % selon les foins.

 

La teneur en protéines du produit, ainsi que sa teneur en cendres ne sont finalement que peu touchées. Ceci étant, il faut compenser dans la ration, la perte d’une partie non déterminée des oligo-éléments et d’autre part, la perte des vitamines hydrosolubles.

 

Le produit obtenu est moins appétent pour le cheval car les glucides solubles lui conféraient un goût légèrement sucré qui forcément ne se retrouve plus dans le produit lessivé.

 

A noter que l’utilisation d’un purificateur de foin n’a aucun effet sur la teneur en glucides solubles. C’est donc bien le « lessivage » du foin qui est efficace en l’occurrence.

 

Vous constaterez en outre, que le type de foin a une importance nettement supérieure à celle du trempage pourtant long. En effet, si on regarde le cas du foin de pré, le simple fait de l’attendre et de le couper plus tardivement (au stade floraison), permet d’obtenir un niveau de glucides solubles acceptable pour ces chevaux sensibles.

 

Le niveau considéré comme acceptable pour ces pathologies est inférieur à 100 g/kg de MS de foin. Sans traitement, seul le foin tardif est possible. Avec trempage de 9 heures, quasi 3 foins sur 5 y répondent. Cependant les foins les plus riches, même avec trempage ne sont pas conseillés.

 

Dans le cas d’une pathologie avérée, dont l’origine est connue, le trempage est donc une solution intéressante. A noter cependant que ce n’est pas sans conséquences : non seulement, il faut rééquilbrer la ration du cheval en conséquence mais en outre, il y a un risque sanitaire à le faire (voir article précédent).

 

Ce n’est donc pas quelque chose à faire en préventif.

 

Catherine Kaeffer

 

http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0114079