Plantes vermifuges pour chevaux : les semer, les installer, les favoriser... une bonne idée ?

Publié le par Anne ANTA - Editions Alpha et Omega

"Semez, plantez, sélectionnez des plantes vermifuges pour les mettre dans la pâture de nos équidés." Une méthode "naturelle" pour limiter la présence parasitaire, pour vermifuger "au quotidien" qui semble intéressante, mais est-ce vraiment le cas ? Techniques d'élevage vous répond.

Certaines plantes ont un impact sur le parasitisme des équidés et à l'heure d'une augmentation des résistances aux vermifuges dits "chimiques" en pharmacie, des voix s'élèvent pour prôner leur mise à disposition dans les pâtures pour les équidés. Certains vendeurs les proposent en graines, suggèrent leur installation dans les haies qui jouxtent les pâtures de nos équidés ou vont avoir une position qui vise à maximiser la présence de ces plantes qui lutteraient contre les parasites. Des chercheurs se saisissent du sujet, parfois pour le pâturage d'autres espèces, avec des prés spécifiquement créés, voire exclusifs.

Le propriétaire, soucieux de toujours proposer le meilleur à son cheval, va lui aussi entrer dans cette démarche, quand il ne l'exigera pas de la pension qui accueille celui-ci. Et effectivement, il n'y a souvent que peu d'arguments à proposer tant le naturel semble bienveillant à première vue.

Dont acte, toutefois, au fil des dossiers et des présentations de situations de nos clients, nous avons remarqué que la présence de ces espèces n'était pas corrélée à une moindre activité parasitaire sur le long terme. Celle-ci était quelquefois plus virulente dans ces pâtures qui seraient naturellement composées d'espèces qui iraient à l'encontre du parasitisme.

Un paradoxe comme nous les aimons à Techniques d'élevage et qui nous a poussé à mener l'enquête.

La première remarque que l'on peut avoir en regardant la liste des plantes efficaces sur le plan parasitaire, c'est que la plupart sont en réalité des plantes toxiques à plus forte dose pour les équidés. Comme dirait notre pharmacien : "Tout est dans le dosage". Et heureusement, ce dosage peut être protégé malgré la mise à disposition de ces plantes par les plantes elles-mêmes, quand elles ont un goût atroce. Cette protection fera que les chevaux ne vont pas les consommer jusqu'à la mort, mais aussi qu'ils apprendront à les éviter relativement jeunes. La consommation effective de ces plantes restant limité, l'effet le restera également. On ne peut néanmoins compter sur cette régulation si la plante est inconnue ou sélectionnée pour être plus consommable par les équidés. Un ajout de graines ou d'une plante dans l'environnement de l'équidé n'est pas un acte anodin et nécessitera un suivi à la fois sur le plan vétérinaire, mais aussi nutritionnel.

Les plantes ayant une action vermifuge ne sont généralement pas de bonnes espèces sur le plan nutritionnel et elles peuvent créer des carences, restons prudents.

On notera par ailleurs qu'un changement brutal dans la composition d'une parcelle nécessitera une adaptation de l'équidé et qu'il arrive que cette adaptation engendre une instabilité dans la flore digestive. Une instabilité qui sera très propice aux parasites.

D'autre part, les populations parasitaires détectées sont aussi les populations qui ont une capacité à créer des résistances. Les plantes que l'on mettra régulièrement à disposition vont sélectionner les parasites et ceux qui persisteront ne seront plus sensibles. L'environnement joue un rôle fondamental dans la présence et la sélection des populations parasitaires. L'introduction de plantes peut avoir un impact local fort dans un premier temps et pas uniquement sur ceux que l'on vise. La faune sauvage, dont les populations prédatrices de parasites, va subir un choc et rien ne permet de présumer l'impact à long terme de ces ajouts. Les plantes exotiques envahissantes en sont une conséquence médiatisée, mais il existe des changements à tous les niveaux et nous n'en avons pas toujours conscience.

Pour résumer, on ne peut pas transposer des résultats d'études au quotidien de la plupart des propriétaires d'équidés en omettant tout le contrôle qui se fait autour. Et si la plupart des propriétaires pourraient regarder avec bienveillance l'arrivée d'une plante antiparasitaire dans sa pâture, il faudra veiller à ce qu'elle ne pose pas de problème au quotidien.

A Techniques d'élevage, nous conseillons à ce jour à nos clients de pratiquer l'observation et de noter si ces plantes vermifuges sont plus consommées par période. Non pour estimer une présence parasitaire, mais surtout pour identifier un équidé qui aurait une difficulté. Car si on n'a pas prouvé que les équidés se vermifugent consciemment, on est certain que si une plante soulage une douleur rapidement, le cheval ira la consommer quand la douleur se fera sentir. Alors, n'hésitez pas et passez un coup de fil au vétérinaire pour un examen complet... votre cheval vous remerciera.

 

Anne ANTA

Les éditions Alpha et Oméga créées par notre équipe de Techniques d'Elevage

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MAJ octobre 2025

Naseaux cheval - illustration - tous droits réservés

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