L'analyse de crottin pour le poulain : à quel âge ?

Publié le par Anne ANTA. Editions Alpha et Omega

L'analyse de crottin, appelée communément "copro", est un examen de plus en plus recommandé pour permettre d'avoir une idée de l'infestation et de la gestion parasitaire à adopter. Le poulain par sa fragilité peut être un révélateur utile et une victime précoce d'un manque dans la gestion parasitaire.

La copro avant traitement se systématisant, on peut logiquement penser qu'elle sera bénéfique au poulain... pourtant, ce n'est pas toujours le cas.

En effet, cette analyse peut être à l'origine d'erreurs de jugement quand elle est négative car on peut supposer (à tort) que le poulain "gère la situation" ou "a un environnement favorable".

Dans l'autre sens, les résultats positifs sont souvent pris comme une nécessité de traitement quand ils sont le simple reflet de l'environnement et que le traitement ne fait que déculpabiliser sans solutionner (avec parfois des conséquences graves pour le poulain).

L'analyse sur un adulte dans les mêmes conditions permet d'éviter ces deux extrêmes délétères grâce à la comparaison, mais ce n'est pas toujours possible... alors quand la copro peut-elle se faire chez le poulain ?

Tout d'abord, il faut savoir que la cible d'une analyse de crottin, c'est l’œuf. Il faut donc un temps variable selon l'espèce pour être visible en copro.

Environ 4 semaines pour un petit strongle

Environ 6 mois pour un grand strongle

Ce laps de temps nécessaire constitue le cycle qui débute à l'infestation... et ce n'est pas forcément le premier jour de vie, notamment pour les deux exemples ci-dessus.

En effet, un poulain en box, en stabulation, dans un pâturage peu infesté, avec une jument et d'autres adultes qui luttent activement et/ou qui sont traités... ne rencontrera pas le parasite tout de suite et même si tel est le cas, le lait de sa maman peut l'aider à lutter et l'infestation ne se fera pas massive dès le début.

La copro à 6 mois, est-ce un classique à recommander ?

Si c'est pour décider du vermifuge, non. Si c'est pour faire un point sur le passé du poulain, sur des résistances suspectées, sur une gestion environnementale, oui. Mais attention, à prendre en compte le milieu qui peut avoir changé suite au sevrage, au changement de propriétaire, si un vermifuge a déjà été fait dans les mois précédents...

Pour que l'analyse de crottin ait un sens, il est préférable de choisir sa saison et que le poulain ait plus d'un an, qu'il soit dans un environnement connu et qu'on ait analysé les conditions de détention à défaut d'avoir des adultes pour estimer l'infestation.

Avant cet âge (et parfois après aussi) pour déterminer le vermifuge ou la façon de gérer, il va falloir passer par le raisonnement.

Ce raisonnement est primordial car les mortalités liées aux parasites chez les poulains sont liées à des stades non reproducteurs des grands strongles et souvent avant même que les grands strongles soient en âge de se reproduire.

Le vermifuge peut donner une colique mortelle pour les poulains même quand la copro est négative ou faible à cause de la présence de parasites qui forment des "bouchons"... vérifiez leur présence éventuelle dans l'environnement, agissez pour les réduire en amont... et surtout ne vermifugez jamais un poulain sans avoir consulté un vétérinaire et vous être assuré de sa disponibilité dans les heures et jours qui suivent le vermifuge.

Anne ANTA

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Photo crottin de cheval en question. Tous droits réservés à Techniques d'élevage.

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