Les œuvres des grands maîtres

Publié le par Catherine, François et Anne

 

Notre rapport aux animaux pourrait se comparer à une toile. Certains ont la dextérité des grands maîtres, d'autres se contentent d'une toile harmonieuse, tandis que quelques uns versent dans la copie pour se former et faire leur « tableau ».

 

Mais s'ils souhaitent copier les grands maîtres, ils n'ont pas forcément l'habilité des faussaires. Et même s'ils la détiennent, il ne faut pas oublier qu'un faux est toujours une copie qui ne ressemble que partiellement à l'original.

 

Beaucoup de cavaliers, de dresseurs ou de propriétaires, se gorgent des écrits des « maîtres ». Ils cherchent à reproduire une méthode pour obtenir un résultat bien précis.

 

Mais pour qui a déjà essayé de suivre un « pas à pas » en peinture ou en dessin, le résultat est évident.

 

Votre œuvre ressemblera à celle décrite mais elle n'en sera qu'un reflet transformé.

 

En effet, vos yeux ne voient pas. Ils captent des informations et c'est votre cerveau qui voit, analyse et recompose les données pour en faire un « tout » cohérent.

 

De même, quand vous lisez ce « pas à pas » du grand maître, vous décodez, déchiffrez et faites un « filtre » des informations. Le résultat est parfois saisissant.

 

Ainsi, un auteur qui recommande de progresser lentement dans une phase de l'apprentissage pourra se faire accuser d'avoir une méthode expéditive ou incroyablement longue et laborieuse.

 

Tout dépend le sens que vous donnez aux mots, l'interprétation que vous faites des concepts, l'analyse que vous faites des images...

 

Et en matière de relation avec les animaux, la chose se complique encore davantage car si votre interprétation de la méthode est différente de l'original, votre animal aura lui aussi une interprétation à réaliser de votre méthode. D'interprétations en conclusions, le résultat n'a parfois rien à voir avec les préceptes enseignés.

 

Le génie du faussaire repose sur sa capacité à tromper le public. En cela, certains pratiquants excellent et pourtant, si nous y regardons de plus près, nous pouvons tous différencier les méthodes les unes des autres, car chacune est unique, quelle que soit la source qu'elle se revendique.

 

Car seul l'original a des défauts, des ratés, des retouches... les autres tableaux sont un mimétisme de surface mais ne peuvent copier les détails en profondeur.

 

Ils s'inspirent mais n'égalent pas car si le maître a fait une erreur de jugement à un moment, il l'a intégré, volontairement ou non, à sa méthode. Si le maître avait des « muses », elles y sont. Si le maître avait une crainte, un moment de faiblesse, une victoire, ils y sont également.

 

Car la toile qui compose une relation entre deux êtres imprime tout.

 

Une méthode, c'est un fragment de tableau, qui ne tient pas compte de l'ensemble et qui ne tient pas non plus compte des individus qui en sont à l'origine.

 

Certains maîtres en arrivent à se copier eux-mêmes, à se plagier pour tester une théorie, un principe. Cette tentative vise à prouver l'universalité d'une méthode. Mais cette démonstration montre seulement que l'auteur d'une méthode en est le « maître » et qu'avec lui, elle fonctionnera toujours. Car le maître en connaît les limites, les fondations, les détours... et il n'a pas une vision aussi étroite et précise que le faussaire.

 

Faut-il cesser de s'inspirer des grands maîtres ? Je ne le pense pas. Mais je pense que chacun doit écrire sa propre méthode, avec ses propres termes et ne jamais chercher à copier aveuglément ceux qu'il considère comme « plus sages » ou « plus compétents ».

 

Il vaut mieux faire une belle toile qu'un mauvais faux.

 

« Bref, dédaignant le lierre parasite, lors même qu'on est pas le chêne ou le tilleul, ne pas monter bien haut peut-être, mais tout seul ! »

 

 

http://www.techniquesdelevage.fr/

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