Mon phosphore : phytique ou pas ?

Publié le par Catherine, Francois et Anne

 

Une question qui j’en suis sûre, vous taraude depuis que ce matin vous avez posé le pied par terre : le phosphore de la ration que je donne à mon cheval, est-il sous forme phytique ? Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie ou pas du tout…

 

Non, vous ne vous êtes pas posé la question devant votre bol de café ?…

 

Et pourtant c’est une question intéressante.

 

En effet, dans le végétal, le phosphore est incorporé dans les molécules organiques. L’une d’elle est l’acide phytique dont la formule est C6H18O24P6. On a donc bien 6 phosphores (P) dedans.

 

 

On a toujours tendance à penser que pour les apports minéraux, la forme organique est bien meilleure que la forme minérale. Dans ce cas particulier, c’est faux.

 

 

En effet, pour récupérer le phosphore, il faut casser la molécule. Donc la digestibilité dépend de sa solubilité et de la présence de phytases plus ou moins actives. En effet, les minéraux ne sont pas « digérés » mais mis en solution. Et ce sont ces solutions qui au final sont absorbés pour rejoindre la voie sanguine.

 

 

Si notre phosphore reste bien planqué dans sa molécule, il ne peut être absorbé et ressort comme il est rentré… et cela ne fait pas notre affaire à nous qui souhaitions qu’il participe à la consolidation des os de notre cheval et non pas qu’il aille fertiliser le sol !

 

Lorsque que la teneur en phosphore phytique de la ration est faible, la digestibilité du phosphore est de 35 à 55 %. Mais si cette teneur s’accroît, la digestibilité est réduite à peu près de moitié. En outre, la présence de phytates entrave l’absorption du calcium.

 

La proportion de phosphore phytique sur le phosphore total varie énormément.

 

0 %      Levure de brasserie, Poudre de lait

5 %      Herbe, Luzerne, Paille

10 %    Mélasse, Pulpes de betterave

45 %    Pois

55 %    Orge, Avoine

60 %    Féverole, Tourteau de soja

65 %    Triticale, Tourteau de lin

70 %    Graine de lin

75 %    Maïs

80 %    Son     

 

On comprend mieux la réputation du son d’être déminéralisant !

 

Certains auteurs, avec des chevaux de course ou de sport de haut niveau, en arrivent même à estimer qu’il faut assurer l’apport minéral en phosphore par la voie des phosphores inorganiques, qui sont digestibles à 100 % pour éviter les problèmes osseux et tendineux.

 

Sans pousser le bouchon aussi loin, on peut se demander si chercher à corriger l’apport en calcium très important d’un régime contenant de la luzerne ou de la pulpe de betterave par du son est une bonne idée. Bien sûr, on apporte du phosphore mais ce phosphore est-il vraiment disponible ?

 

D’autant qu’avec la luzerne, on apporte aussi des oxalates mais ça… c’est une autre histoire…

 

Catherine Kaeffer

 

Cet article a été rédigé par un membre de l'équipe de Techniques d'élevage. Retrouvez tous nos articles sur http://www.techniquesdelevage.fr ou http://anneetcat.wix.com/techniques-elevage.

Cheval sur la plage. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

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