La stabilité des groupes, un facteur de paix

Publié le par Catherine, Francois et Anne

 

Un groupe, c’est une société qui a ses règles et ses lois. Les individus qui la composent les ont mises au point par leurs interactions respectives et les connaissent. S’ils les acceptent, alors le groupe est en paix. Cela ne signifie nullement que tous les individus y sont heureux mais que les règles étant acceptées par tous, les interactions violentes y sont peu nombreuses… fusse au dépens d’un bouc émissaire.

 

Un équilibre suppose donc toujours une hiérarchie consentie volontairement ou contrainte et forcée mais toujours connue, acceptée et respectée peu ou prou.

 

Si pour une raison ou une autre, un élément intervient qui remet en cause cette hiérarchie, on verra se multiplier les interactions agressives jusqu’à ce qu’un autre équilibre s’installe.

 

Le facteur qui va rompre cet équilibre peut être une motivation plus forte. Par exemple, une jument en chaleur dans un troupeau va s’agacer mais aussi motiver davantage les jeunes entiers qui même à l’âge où ils tètent parfois encore leur mère peuvent se sentir pousser des ailes. Ils seront ramenés fermement à leur place par l’étalon.

 

Autre motivation plus forte, une moindre disponibilité dans le temps ou dans l’espace d’une ressource. Aucun cheval ne se battra pour aller à l’abri si le temps est beau. Par contre, par grosse chaleur ou mauvais temps, les places dans l’abri ou sous les arbres seront plus chères. Si l’espace est suffisant, cela ne posera pas de problème. S’il ne l’est pas, des disputes pourront intervenir.

 

Les repas sont ainsi une période où le risque est plus important.

 

L’introduction d’un animal dans un groupe constitué est aussi facteur de désordre, comme le mélange de deux groupes. Tous les cavaliers savent qu’avant de partir en randonnée, il est préférable que les montures aient le temps de faire connaissance, de mettre en place leur hiérarchie pour éviter tout accident en route.

 

On pense moins à l’influence du retrait d’un individu du groupe. Pourtant celui-ci peut avoir des conséquences tout aussi importantes.

 

Supposez que l’individu qui part soit au plus haut dans la hiérarchie. Vous aurez alors l’apparition de bagarres pour savoir qui va devenir calife à la place du calife. C’est la guerre des prétendants au trône à la mort du roi. Et comme dans la bande dessinée, vous aurez des manœuvres et des coups bas de la part de l’Iznogoud de service.

 

Mais si par exemple l’individu que vous retirez est le plus bas dans la hiérarchie, et encore plus si vous le retirez justement parce qu’il est le souffre-douleur des autres, vous penserez que vous n’allez pas susciter de problèmes mais au contraire les résoudre.

 

En fait, ce n’est pas dit. Un groupe a souvent un exutoire. S’il est organisé comme ça, il y a de fortes chances que le groupe se choisisse un autre bouc émissaire. Et évidemment, comme le rôle ne plait vraiment à personne, chacun essayera de se montrer suffisamment agressif pour que ce ne soit pas lui. Vous pourrez donc avoir des explications tout aussi musclées que dans le cas précédent. Le premier qui ne ripostera pas vertement suite à un début d’agression sera rapidement classé victime expiatoire pour des mois voire des années, tant qu’il ne partira pas ou qu’il n’y aura pas plus faible que lui (et encore, ce n’est pas sûr que l’introduction d’un animal plus faible lui sauve la mise une fois que le pli est pris…).

 

Dans les pensions, on voit souvent des chevaux arriver dans un pré, être hébergés un temps puis repartir. Le cheval étant un animal grégaire, le fait d’être en groupe est pour lui de façon générale, source de bien-être. Cependant, pour une durée courte, l’introduction d’un nouveau cheval va déstabiliser le groupe qui aura à peine le temps de retrouver un autre équilibre avant d’être de nouveau perturbé par son départ.

Sur un temps court, le jeu n’en vaut parfois pas la chandelle.

 

A noter que plus l’espace est vaste et les ressources dispersées, plus on offre la possibilité aux animaux de se grouper par affinités, moins on a de problèmes puisque l’animal pourra alors fuir et ne sera plus obligé soit de subir soit de se retourner.

Catherine Kaeffer

 

 

Cet article a été rédigé par un membre de l'équipe de Techniques d'élevage. Retrouvez tous nos articles sur http://www.techniquesdelevage.fr ou http://anneetcat.wix.com/techniques-elevage.

Poneys en paddock. Techniques d'élevage. Tous droits réservés.

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Publié dans Spéciale équidé

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