Nourrir un cheval à l’avoine

Publié le par Alpha et Omega

L’avoine est une céréale autrefois beaucoup utilisée dans l’alimentation du cheval. Actuellement, elle a été un peu délaissée au profit de l’orge car elle est accusée d’exciter les chevaux.

L’avoine a la composition chimique suivante : 9,8 % de protéines, 12,2 % de cellulose brute, 4,8 % de matières grasses, 36,2 % d’amidon. Par rapport à l’orge, elle a donc une teneur très proche en protéines. Elle contient par contre nettement plus de fibres ce qui est dû à la présence des glumelles qui enserrent le grain alors que l’orge est un grain nu. Sa teneur en amidon est nettement plus faible, par contre elle contient plus de lipides.

L’apport énergétique de l’avoine est de 0,87 UFC au kg soit nettement inférieure à celle de l’orge (0,99 UFC/kg).

En fait, si vous comparez juste l’amande des deux céréales, vous avez un apport énergétique équivalent (Avoine décortiquée 0,98 UFC). Mais là encore, le fait d’avoir des glumelles change la donne en « diluant » l’apport par ajout de fibres et d’autre part, en apportant un peu plus de matières grasses qui pourraient intervenir dans la réputation de donner de la brillance au poil.

Son apport protéique est légèrement inférieur à celui de l’orge, à 79 g MADC/kg.

Au niveau de la qualité, la protéine d’avoine est plus riche en lysine (4,2 % de la Matière Azotée Totale) que celle de l’orge pour atteindre la teneur de la protéine de luzerne. Là encore, cela peut expliquer un effet sur le poil même si on n’atteint pas la qualité de la protéine du tourteau de soja (Lysine = 6,1 % de la MAT). La teneur en acides aminés soufrés est excellente (Méthionine + Cystéine = 5,1 % de la MAT contre 4,0 % pour l’orge et 2,9 % pour le tourteau de soja comme pour la luzerne). Pour rappel, ces deux acides aminés sont les précurseurs de la kératine.

Au niveau des apports minéraux, on retrouve le rapport phosphocalcique très bas de toutes les céréales. A noter que l’avoine est nettement moins bien pourvue en cuivre que l’orge mais la supplémentation étant dans l’énorme majorité des cas nécessaire de toutes façons, ce n’est pas un frein à son utilisation.

Dans la pratique l’avoine peut se présenter sous différentes formes : entière, brossée, émondée, décortiquée. Une bonne avoine est luisante, lourde et sans poussière.

Elle peut être donnée en l’état, sans trempage, parce que c’est un grain tendre. Toutefois, certains chevaux qui mangent goulument peuvent l’avaler entière et dans ce cas, les glumelles protègent le grain pendant la digestion et le grain ressort intact ce qui représente une perte. Traditionnellement, pour vérifier que ce n’était pas le cas, on mettait de temps en temps un crottin dans un pot de fleurs et on l’arrosait. Les grains intacts germaient et on pouvait avoir ainsi une estimation de la quantité non mastiquée.

L’avoine est une céréale peu utilisée aujourd’hui soit par crainte de troubles digestifs, soit par crainte d’excitation du cheval. Elle est pourtant du fait d’une teneur en fibres plus importante moins à craindre au niveau digestif que l’orge. Quant à la présence d’Avenine, c’est pour l’instant encore l’Arlésienne.

Catherine Kaeffer

Tête de cheval. Techniques d'élevage. Tous droits réservés.

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