Impact du confinement : Le cheval de sport au box

Publié le par Catherine Kaeffer Editions Alpha et Omega

Cette période de confinement a des impacts sur nos chevaux parce qu’ils modifient brusquement et sans aucune transition possible puisque ce n’était pas prévisible, leur mode de vie, comme il a modifié le nôtre.

Dans le cas du cheval de sport hébergé en box avec ou non une petite courette devant, on va surtout avoir l’impact de la diminution brutale de l’activité physique. En effet, le cavalier ne pouvant plus facilement se déplacer, les sorties en promenade n’étant plus possibles, on peut passer d’un cheval qui travaillait tous les jours à un cheval qui ne travaille plus du tout.

Le cas d’école est celui du cheval ou du poney de club qui faisait ses 2 heures par jour en moyenne et qui brusquement se retrouve sans aucune activité.

La sortie en paddock en terre ou légèrement herbeux est plus que souhaitable pour éviter tous les problèmes inhérents à un confinement strict tel que celui qu’on connait en cas de pathologie ou de quarantaine, mais il ne peut en aucun cas remplacer le travail quotidien.

Il est donc nécessaire de diminuer la quantité d’aliment distribuée pour éviter les coliques et souvent de passer à un régime au foin seul. Le foin pourra être donné à volonté pour les chevaux de grand format. Il devra être limité pour les poneys quitte à offrir de la paille en complément pour éviter l’ennui et les soucis gastriques.

Pour certains chevaux de grand format, le foin ne sera pas suffisant pour couvrir les apports énergétiques et protéiques. Il conviendra d’ajouter un repas avec l’aliment habituel.

Mais quelle que soit la situation, on se retrouve dans le même cas de figure : une diminution drastique de l’apport d’aliment. Et donc là où l’emploi d’un complément minéral vitaminé n’était pas nécessaire, il le devient puisque ce n’est pas avec une quantité d’aliment faible voire nulle que vous allez couvrir les besoins minéraux et vitaminiques d’autant que dans ce cas, forcément, votre foin date de 2019. Il a donc un temps de stockage important et donc une teneur en vitamines largement amoindrie.

Si on regarde ce schéma, lorsqu’on était par exemple au niveau 4 de travail, le plus élevé, les besoins énergétiques devaient être couverts par le fourrage + un apport d’aliment. Alors que lorsqu’on passe au niveau 0, l’apport d’aliment n’est plus nécessaire.

Evolution des besoins en fonction du niveau de travail. Techniques d'élevage. Tous droits résevés

Evolution des besoins en fonction du niveau de travail. Techniques d'élevage. Tous droits résevés

Par contre, pour ce qui est des apports en minéraux, en prenant ici l’exemple du cuivre, au niveau de travail 4, ils étaient couverts par l’apport d’aliment. Au niveau de travail 0, forcément, ils ne peuvent plus l’être et l’utilisation d’un complément minéral vitaminé est indispensable.

Couverture des besoins en cuivre en fonction du niveau de travail. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

Couverture des besoins en cuivre en fonction du niveau de travail. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

Autant lorsque nous étions partis sur 15 jours de confinement, le fait d’avoir un déficit minéral n’était pas catastrophique. Autant là, comme nous sommes partis sur 4 et à mon sens au moins 6 semaines, il convient de corriger ce point.

6 semaines, cela peut paraître une prévision pessimiste à certains d’entre vous. Mais traditionnellement, cela s’appelle une quarantaine… donc 40 jours. Or 6 x 7 = 42…

Donc là, clairement, il faut nous adapter pour permettre à nos chevaux de passer avec le moins de soucis possible cette période qui peut durer et gérer au mieux le retour à la normale.

Catherine Kaeffer

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