Maladie du son ou Maladie des ânes du meunier : la redoutable ostéofibrose

Publié le par Catherine, François et Anne

 

Dans les troubles osseux liés à l’alimentation des équidés, le plus connu est l’ostéochondrose qui se manifeste sur des jeunes et donc sur des os en cours de constitution.

 

Mais on peut aussi avoir des soucis sur des adultes dont les os au sortir de la croissance étaient en parfait état. Suite à une erreur alimentaire, l’os qui est un réservoir de minéraux, se déminéralise de façon anormale. C’est une maladie grave et difficilement réversible, l’ostéofibrose.

 

Cette déminéralisation est due à un excès de phosphore, notamment sous la forme phytique que l’on rencontre dans les céréales, les graines (comme le pois) et les tourteaux. Le rapport phosphocalcique (quantité de calcium / quantité de phosphore) recommandé n’est pas respecté sur une période suffisamment longue. Pour mémoire, il est de 1,5 pour un animal à l’entretien, une jument gestante ou allaitante, de 1,8 pour un animal au travail ou en croissance et de 2 pour les vieux animaux. Ce rapport est valable pour les chevaux, comme pour les poneys ou les ânes.

 

Ce rapport phosphocalcique trop faible entraîne une déminéralisation des os avec déstructuration de l’osséine, la protéine de l’os. Parallèlement, on assiste à une dépolymérisation du collagène qui a des conséquences encore plus générales sur l’organisme et entre autres choses, qui fragilise les tendons.

 

Cela explique les manifestations pathologiques. On peut avoir une déminéralisation des os de la face qui deviennent plus fragiles et qui gonflent. Cette maladie a aussi été surnommée maladie de la tête d’hippopotame ou maladie de la grosse tête. Dans la phase ultime, les os deviennent fibreux, peuvent se déformer, se plier. Ils deviennent si fragiles que les tendons finissent par y marquer leur empreinte.

 

Le nom de « maladie du son » provient du fait que le son de blé est très riche en phosphore phytique et partant très déminéralisant si on en abuse. Or, les ânes de meunier qui travaillaient beaucoup étaient souvent nourris abondamment avec ce sous-produit.. . et en payaient les conséquences.

 

On voit relativement rarement des formes très nettes de la maladie. Par contre, on a assez souvent des formes chroniques plus délicates à diagnostiquer avec des déformations osseuses, des suros autour des articulations et aux points d’intersections des ligaments et des tendons. Ces tares dures donnent des douleurs et des boiteries, plus ou moins intermittentes, pas toujours au même endroit, récidivantes à l’effort et qui réapparaissent dès que l’animal reprend le travail. On peut aussi avoir des tendinites ou des claquages dus à la mauvaise qualité des tendons.

 

Or souvent les chevaux qui ont des apports importants en céréales, en graines ou en tourteaux sont aussi des chevaux de bon niveau à qui on demande des efforts importants. La perte d’une partie des qualités mécaniques des os comme des tendons est donc particulièrement grave pour eux.

 

C’est aussi le cas des poulinières qui doivent recevoir une ration riche pour maintenir un état corporel satisfaisant. Pour elles, on aura le squelette qui se déformera progressivement au fur et à mesure des gestations aboutissant à un ensellement prononcé.

 

L’habitude de faire pouliner une fois une jeune jument vers 3 ans avant de la mettre au travail est particulièrement délicate sur le plan du suivi alimentaire. En effet, on a à la fois un os en croissance qui a besoin d’un apport minéral optimum pour se construire et d’autre part, une lactation très exigeante sur le même plan. Une erreur dans le rapport phosphocalcique à ce moment-là est de nature à affecter définitivement le potentiel de la jument.

 

Il est donc important pour ce type d’animaux de rééquilibrer le rapport phosphocalcique de la ration en veillant cependant à ne jamais s’approcher du chiffre de 3 à partir duquel on pourrait avoir d’autres conséquences par blocage de certains oligo-éléments.

 

Catherine Kaeffer

 

Dans les troubles osseux liés à l’alimentation des équidés, le plus connu est l’ostéochondrose qui se manifeste sur des jeunes et donc sur des os en cours de constitution.

 

Mais on peut aussi avoir des soucis sur des adultes dont les os au sortir de la croissance étaient en parfait état. Suite à une erreur alimentaire, l’os qui est un réservoir de minéraux, se déminéralise de façon anormale. C’est une maladie grave et difficilement réversible, l’ostéofibrose.

 

Cette déminéralisation est due à un excès de phosphore, notamment sous la forme phytique que l’on rencontre dans les céréales, les graines (comme le pois) et les tourteaux. Le rapport phosphocalcique (quantité de calcium / quantité de phosphore) recommandé n’est pas respecté sur une période suffisamment longue. Pour mémoire, il est de 1,5 pour un animal à l’entretien, une jument gestante ou allaitante, de 1,8 pour un animal au travail ou en croissance et de 2 pour les vieux animaux. Ce rapport est valable pour les chevaux, comme pour les poneys ou les ânes.

 

Ce rapport phosphocalcique trop faible entraîne une déminéralisation des os avec déstructuration de l’osséine, la protéine de l’os. Parallèlement, on assiste à une dépolymérisation du collagène qui a des conséquences encore plus générales sur l’organisme et entre autres choses, qui fragilise les tendons.

 

Cela explique les manifestations pathologiques. On peut avoir une déminéralisation des os de la face qui deviennent plus fragiles et qui gonflent. Cette maladie a aussi été surnommée maladie de la tête d’hippopotame ou maladie de la grosse tête. Dans la phase ultime, les os deviennent fibreux, peuvent se déformer, se plier. Ils deviennent si fragiles que les tendons finissent par y marquer leur empreinte.

 

Le nom de « maladie du son » provient du fait que le son de blé est très riche en phosphore phytique et partant très déminéralisant si on en abuse. Or, les ânes de meunier qui travaillaient beaucoup étaient souvent nourris abondamment avec ce sous-produit.. . et en payaient les conséquences.

 

On voit relativement rarement des formes très nettes de la maladie. Par contre, on a assez souvent des formes chroniques plus délicates à diagnostiquer avec des déformations osseuses, des suros autour des articulations et aux points d’intersections des ligaments et des tendons. Ces tares dures donnent des douleurs et des boiteries, plus ou moins intermittentes, pas toujours au même endroit, récidivantes à l’effort et qui réapparaissent dès que l’animal reprend le travail. On peut aussi avoir des tendinites ou des claquages dus à la mauvaise qualité des tendons.

 

Or souvent les chevaux qui ont des apports importants en céréales, en graines ou en tourteaux sont aussi des chevaux de bon niveau à qui on demande des efforts importants. La perte d’une partie des qualités mécaniques des os comme des tendons est donc particulièrement grave pour eux.

 

C’est aussi le cas des poulinières qui doivent recevoir une ration riche pour maintenir un état corporel satisfaisant. Pour elles, on aura le squelette qui se déformera progressivement au fur et à mesure des gestations aboutissant à un ensellement prononcé.

 

L’habitude de faire pouliner une fois une jeune jument vers 3 ans avant de la mettre au travail est particulièrement délicate sur le plan du suivi alimentaire. En effet, on a à la fois un os en croissance qui a besoin d’un apport minéral optimum pour se construire et d’autre part, une lactation très exigeante sur le même plan. Une erreur dans le rapport phosphocalcique à ce moment-là est de nature à affecter définitivement le potentiel de la jument.

 

Il est donc important pour ce type d’animaux de rééquilibrer le rapport phosphocalcique de la ration en veillant cependant à ne jamais s’approcher du chiffre de 3 à partir duquel on pourrait avoir d’autres conséquences par blocage de certains oligo-éléments.

 

Catherine Kaeffer

Cheval de compétition. Techniques d'élevage. Tous droits réservés.

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