Un paddock : oui, mais lequel ?

Publié le par Catherine, Francois et Anne

 

Le paddock classique est un lieu d’exercice dans lequel on lâchait généralement un seul cheval, parfois deux, pendant un temps relativement court pour qu’ils se dégourdissent les jambes et se défoulent.

 

Il avait donc une surface réduite mais portante, saine et non glissante pour permettre au cheval des accélérations sans risques. Son sol était généralement assez proche d’un sol de carrière constitué de sable. L’évacuation de l’eau était prévue soit par la conformation naturelle du terrain soit par drainage.

 

Ce paddock n’avait donc aucune fonction d’alimentation puisque l’herbe n’y poussait pas et qu’il n’y avait pas de distribution de foin.

 

Différents chevaux s’y succédaient au cours de la journée. Même si on pouvait de temps en temps enlever les crottins, son sol était considéré à juste titre comme un réservoir de parasites. Mais comme il n’y avait pas de consommation alimentaire, la réinfestation était finalement assez faible.

 

Pourquoi je vous parle de cela ? Parce qu’actuellement sous le vocable « paddock », on a de moins en moins souvent cette situation mais d’autres dont l’utilisation et les avantages que vous pouvez en retirer varient considérablement.

 

Ainsi, vous avez le box avec paddock attenant. Dans ce cas, le plus souvent, le paddock est une surface bétonnée donc glissante. Si elle est gravillonnée, se pose le problème de son hygiène. Le cheval y reste pendant des périodes longues et au cours de ses allers et venues, il y amènera de la paille et du fumier avec ses pieds. Donc dans ce cas, même si le cheval peut mieux marcher que dans un box, la fonction défouloir n’est pas assurée et le maintien de l’hygiène nécessite des nettoyages fréquents. Par contre, c’est intéressant pour le cheval qui a des problèmes respiratoires ou de retour veineux parce que cela lui donne un accès à l’extérieur et la possibilité de marcher. Comme souvent chaque box a le sien, cela facilite aussi le contact avec les autres chevaux.

 

Vous avez aussi sous le vocable « paddock » un pré qui est trop petit pour qu’on lui donne ce nom. Il peut être utilisé comme un paddock classique avec une succession de chevaux différents à quelques heures d’intervalle. Ceci étant, dans le cas où il reste encore un peu d’herbe dedans, même peu, la réinfestation par les parasites devient alors un vrai problème puisque le cheval consomme l’herbe.

 

Il peut aussi être utilisé en pré de jour en mettant quelques chevaux dedans pendant toute la journée, les groupes étant les mêmes sur les mêmes surfaces d’un jour sur l’autre. En général, dans ce cas, on a un apport de foin.

 

Dans les deux cas, on est sur un sol naturel, nullement prévu pour supporter un tel chargement et l’intensité du piétinement qui va avec. Le surpâturage est inéluctable. Dans le meilleur des cas, il va petit à petit être sélectionné une flore qui y résiste. Dans le moins bon, on termine sur une zone complètement défoncée de boue en hiver et compactée en été où plus grand chose ne pousse à part sur les bords.

 

A l’extrême, j’ai pu voir récemment des « prés » ou des « paddocks » comme vous voulez où l’on s’enfonçait dans la boue jusqu’au dessus de la cheville. Les chevaux se serraient sur une petite éminence, un peu moins boueuse, où était placé le round de foin. Dans cette situation, il leur était non seulement impossible de se défouler mais ils avaient finalement moins de mouvement que dans un box ou une stabulation. Évidemment, il n’est pas possible dans ce cas de tenir une hygiène correcte des pieds comme au niveau parasitaire.

Il est possible d’améliorer la résistance des sols en y incorporant soit de la caillasse soit des dispositifs type dalle qui vont leur conférer une résistance mécanique. Tout dépend alors de la surface, de sa forme, du type de sol et de la sensibilité particulière des pieds pour savoir si le cheval pourra ou pas se défouler.

 

Enfin, on retrouve cette situation (sols naturellement résistants ou renforcés artificiellement sans production d’herbe pour permettre le déplacement des chevaux) dans le paddock paradise.

 

Le mot « paddock » désigne finalement des situations très différentes, avec leurs avantages et leurs inconvénients.

 

Catherine Kaeffer

 

Cet article a été rédigé par un membre de l'équipe de Techniques d'élevage. Retrouvez tous nos articles sur http://www.techniquesdelevage.fr ou http://anneetcat.wix.com/techniques-elevage.

Cheval au paddock. Techniques d'élevage. Tous droits réservés.

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