Estimation du travail chez le cheval de loisir : Coût énergétique d’une heure de travail

Publié le par Alpha et Omega

L’estimation du coût du travail est toujours un point délicat dans un calcul de ration.

Le coût dépend en effet de plusieurs facteurs :

  • La durée du travail est le plus facile à connaître. Encore faut-il fait la différence entre la durée théorique (je monte mon cheval tous les jours une heure) et la durée réelle (en hiver, il fait vite nuit ou il pleut et je dois souvent rentrer plus tôt).
  • L’intensité du travail est extrêmement variable en termes de besoins. Rien à voir entre un trotting soutenu que vous pouvez faire un jour et le travail à pied, de compréhension, de souplesse que vous pouvez faire le lendemain, même si les deux durent une heure.
  • Le travail à des coûts annexes liés au stress, au transport…
  • Enfin, un cheval musclé a une dépense énergétique au repos par rapport à son congénère non musclé.

Si on regarde le coût par heure de travail :

  • En liberté ou au paddock ou bien un travail léger à la longe demande entre 0,2 et 0,5 UFC / heure.
  • Une reprise pour un cheval de club avec un cavalier niveau inférieur ou égal à galop 5 demande entre 1 UFC et 1,5 UFC
  • Une reprise pour un cheval de club avec un cavalier niveau galop 6 et au-delà coûte entre 1,5 et 2 UFC
  • Une heure de préparation à la compétition de niveau international coûte entre 2,5 et 3 UFC

Il paraît assez séduisant pour l’esprit de partir sur ces chiffres pour estimer le travail d’un cheval mais cette méthode peut entraîner, si on n’y prend pas garde vers des erreurs grossières.

Par exemple, pour un cheval de CSO de niveau national, on a souvent tendance à se focaliser sur les compétitions. Or, une compétition, c’est un ou deux échauffements et 1 ou 2 parcours dans la journée. Certes, le parcours est intense mais il ne dure que quelques minutes. Or, si on suppose un effort intense à 2,5 UFC de l’heure, un parcours de 3 minutes coûte au cheval 0,13 UFC soit quelque chose comme 300 g de foin… Derrière il aura souvent un jour de repos. Mais la semaine qui précède, pour préparer cette compétition, il a travaillé sur des petits dispositifs à 1,5 UFC de l’heure mais pendant 1h30. Dans ce cas, il a dépensé 2,25 UFC ce qui n’a rien à voir.

Donc pour ce cheval, ce qui coûtera en termes d’apport nutritionnel, ce n’est pas tant la compétition, que les stages de préparation et… le transport qui exige des contactions des muscles pendant de longues périodes pour tenir l’équilibre. A ce titre, il faut finalement plus tenir compte du temps de transport que d’une variation de 10 cm de la hauteur des barres.

A titre de comparaison, le cheval de club qui fait les débutants et qui travaille en moyenne deux heures par jour, n’a par heure qu’une dépense de 1 à 1,5 UFC. Mais par jour sa dépense liée au travail est donc de 2 à 3 UFC ce qui n’est pas si loin de notre cheval de compétition.

Sur un plan pratique, dans la plupart des cas, la prise en compte du travail et des dépenses qui en résultent, heure par heure, n’est pas jouable. Il est donc souvent préférable de faire une estimation globale ce que nous aborderons dans un prochain article.

Catherine Kaeffer

 

Cheval de concours au camion. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

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