Capacité d’ingestion et ingestibilité et taux de substitution chez le cheval et le poney

Publié le par Anne et Cat

 

Quelle quantité de foin mange mon cheval ?

 

Cette question est assez simple à résoudre pour un cheval au box encore que parfois une part non négligeable dudit foin finit dans la litière…

Quelle quantité d’herbe mange mon cheval au pâturage ? Euh…c’est une bonne question… je vous remercie de l’avoir posée…

 

D’où la notion de capacité d’ingestion : c’est la quantité d’aliment que consomme spontanément un animal lorsqu’on lui présente à volonté. On l’exprime en kg de matière sèche par jour.

 

Pour le cheval, ce n’est pas comme pour nous : ce n’est pas l’estomac plein qui signe l’arrêt du repas. En effet, chez le cheval, il est souvent plein. Pas de problème, il vidange le tout dans l’intestin et continue à manger.

 

Il semblerait plutôt que ce soit la présence dans le sang des produits terminaux de la digestion comme le glucose ou certains acides gras volatils qui entraîne la satiété. Lorsque ces produits, utilisés ou stockés disparaissent du sang, le cheval a de nouveau envie de manger.

 

C'est un système de régulation de l'appétit relativement lent puisqu'il faut attendre qu'une part notable de l'aliment soit digéré et se retrouve dans le sang pour que le stop s'allume. Il est très bien adapté à un animal qui mange quasi en permanence alors que le système de l'estomac plein est bien adapté aux animaux qui font quelques gros repas.

Mais c'est aussi ce qui explique que si un cheval tombe sur un stock de grains ou de concentré, il va s'en goinfrer. Le temps que le signal stop s'allume, il en aura mangé beaucoup trop. Il peut même en mourrir. Alors qu'on a jamais vu un gamin mourir d'être tombé sur un pot de Nutella ! (petite expérience personnelle...)  

 

C’est ce qui fait que lorsque la ration est moins nutritive, le cheval s’adapte bien en mangeant plus.

 

Évidemment, tout cela est possible dans une certaine gamme. Au-delà, le volume des digesta notamment dans le colon entraîne une baisse de l’ingestion. L’animal n’arrive plus à couvrir ses besoins car sa capacité d’ingestion est insuffisante. On a ce problème dans deux cas : une alimentation très pauvre (ou très carencée) ou un animal qui a des besoins très importants (cas des jeunes poulains).

 

Il ressort de tout cela que les quantités ingérées dépendent aussi du poids de l’animal (en fait de son poids métabolique), du travail demandé (l’exercice, ça creuse) et de sa situation métabolique (gestation, lactation, croissance…).

 

Cela dépend aussi de l’aliment plus ou moins « bourratif ». En termes techniques, on appelle cela l’ingestibilité d’un aliment.

 

Mais évidemment, souvent on ne nourrit pas un animal avec un seul aliment. On arrive donc à la notion de taux de substitution : si je reprends deux fois de la viande, je n’aurai plus de place pour le fromage…

 

Lorsque vous lisez sur une étiquette de concentré : « Diminuer les quantités de 2 kg par tranche de 3 kg de foin », le fabricant vous indique le taux de substitution de son aliment.

 

Et le taux de substitution réserve quelques chausse-trappes rigolos que je vous expliquerai dans un prochain article…

 

Cat

 

Concentré pour animaux. Techniques Elevage, Nantes, Nutrition équine 2012