Les prébiotiques : les fructo-oligosaccharides

Publié le par François Kaeffer. Alpha et Oméga

Tout d’abord une petite définition des prébiotiques : un ingrédient alimentaire non digestible lequel affecte bénéfiquement l’hôte par stimulation sélective de la croissance et/ou par modification de l’activité métabolique d’une ou d’un nombre limité d’espèces bactériennes situées dans le côlon.

Les plus connues sont les fructo-oligosaccharides : ce sont des polysaccharides à courtes chaînes composées de glucose et de fructose. Les fructo-oligosaccharides ne sont pas dégradés par les enzymes digestives du cheval et ne sont pas assimilées par l’organisme mais sont digérés par la flore intestinale.

Les liaisons sont des β1-2 avec :

  • un degré de polymérisation de 2 à 10 pour les oligosaccharides ou les fructo-oligosaccharides courtes chaînes (scFOS).
  • un degré de polymérisation de 2 à 60 permettant le classement dans les inulines.

Cette distinction structurelle engendre des différences dans leurs dégradations.

scFOS

Les scFOS ont une fermentation rapide avec une forte production d’acides gras volatils, en particulier l’acétate.

Plusieurs espèces bactériennes sont sélectionnées :

Bactéries

Croissance

Bacteroïdes sp.

++

Clostridium sp. (difficile, perfringens, paraputrificum)

-

Enterococci

+

Escherichia coli

-

Eubacterium sp.

+/-

Lactobacillus salivarius

+

Peptostreptococcus prevotii

-

Propionibacterium sp.

-

++ : même niveau de croissance qu’avec le glucose

+ : croissance plus faible qu’avec le glucose

- : pas de croissance

Ces molécules bloquent la croissance de nombreux agents pathogènes et opportunistes (Clostridium difficile, C. Perfringens, Salmonella typhimurium, Candida albicans)

Inulines

Les inulines sont plus lentement fermentescibles et leurs structures engendrent une sélection plus restrictive que les scFOS.

Par contre, la production de gaz est supérieure avec le risque de flatulence et de douleurs abdominales très fortement augmenté entre le 8ème et le 15ème jour de complémentation en comparaison des scFOS.

Cela s’explique par la sélection des bactéries plus importante et 7 jours correspondent au temps de recolonisation du tractus digestif.

De fait, chez le cheval, les études les plus intéressantes ont été conduites sur les scFOS et non sur les inulines.

Le principe de leur utilisation repose sur l’idée que la ration du cheval est plus riche en céréales qu’en fourrages pour une utilisation immédiate des bactéries sélectionnées. L’intérêt à court terme est de faire descendre le pH intestinal pour rendre le milieu impropre à l’établissement des pathogènes mais pour retrouver des bactéries cellulolytiques, il faut l’arrêter et attendre 8 jours pour repeupler l’intestin en celles-ci.

François Kaeffer

Découvrez le poster sur La flore digestive intestinale du cheval réalisé par TE
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