Le drainage hépatique pour mon cheval est-il utile ?

Publié le par Anne Cat et François

 

Le drainage hépatique devient une habitude thérapeutique chez le cheval qui vire à l'excès. Efforçons-nous de comprendre l'intérêt et les limites de cette pratique.

 

Le drainage est un procédé permettant l'écoulement des liquides contenus dans une plaie, un organe creux ou une cavité.

 

Il n'existe pas beaucoup de creux à drainer au niveau du foie... à vrai dire, seuls les canaux biliaires peuvent subir cette « opération ».

 

Voyons donc les pathologies équines touchant les voies biliaires :

 

1.  L'insuffisance hépatique :

 

  • Intoxication aux alcaloïdes pyrrolizidines contenus dans la bourrache, la consoude, le tussilage, l'eupatoire, le séneçon commun et le séneçon de Jacob. Ces plantes peuvent se retrouver dans les fourrages et induire une intoxication.

     

  • Lipidose hépatique appelée aussi stéatose hépatique, ce que tout le monde connaît sous le terme de foie gras ! Le problème se situe au niveau alimentaire et un simple drainage ne sert absolument à rien.

     

  • Cholangiohépatite. En français, inflammation sévère des canaux biliaires et du parenchyme (tissu) hépatique adjacent qui provoque parfois une insuffisance hépatique chez les chevaux. Un drainage n'aura donc aucun effet sur la pathologie elle-même.

     

  • Lithiase (cristaux plus ou moins gros de sels biliaires) dans le canal. Il peut être intéressant lorsqu'un cheval fait des lithiases à répétition d'avoir une ration adaptée et de drainer le foie deux fois par an maximum.

     

  • Hépatite chronique évolutive. Cette pathologie lourde doit vous empêcher de stimuler le foie déjà bien abîmé par une inflammation qui dure depuis plus de trois mois.

     

 

2.  La maladie biliaire obstructive. Pour toutes ces maladies, l'augmentation de la quantité de bile sera délétère pour le foie :

 

  • Déplacement intestinal.

     

  • Aflatoxicose : intoxication par l'aflatoxine que l'on retrouve chez certains champignons qui se développent sur les céréales, le maïs, le soja, et les arachides (Attention à vous lorsque vous achetez du tourteau).

     

  • Maladie pancréatique.

     

  • Intoxication au Panicum spp.

     

  • Abcès/tumeur hépatique.

     

  • Infection périnatale au virus de l'herpès 1, infection parasitaire (obstruction lors de la migration sinon ces parasites provoquent des lésions hépatiques).

     

 

Nous pouvons dire que pour certains chevaux sensibles aux lithiases, il peut être intéressant de drainer le foie mais ce n'est pas utile de se faire des cures tous les trois jours ! Chaque fois que l'on utilise ces produits, on oblige le foie à métaboliser des acides biliaires lesquels ne seront pas utiles pour sa digestion puisque leur production est continue.

 

Voici un exemple de publicité trouvée :

 

"X, est une formule issue de la transformation des plantes (notamment Artichaut, Houblon, Verge d'or,etc).

 

- stimule l'organisme du cheval pour l’élimination des toxines après l’effort

- adapté au sujet présentant des problèmes d’insuffisance hépatique et/ou rénale

- pour le cheval ayant une ration trop riche, pour permettre de désengorger le foie et les reins

- pour le cheval convalescent ou âgé, afin de soutenir son métabolisme hépato-rénal.

Les plantes entrant dans la composition de X sont toutes réputées pour leur traitement des troubles digestifs et hépatiques.

L’artichaut possède  un constituant identique : la cynarine, qui possède un effet sur le foie et la vésicule biliaire"

 

Et maintenant le détail qui tue : le cheval ne possède pas de vésicule biliaire... Il y a comme un malaise...

 

De façon générale, les plantes cholagogues sont inutiles puisqu'elles favorisent l’évacuation de la bile par la vésicule biliaire !

 

A bientôt.

 

François

 

Obstacle du cross concours complet saumur. Copyright Techniques d'élevage