Gros ventre et vermifuge ou l’histoire d’un raccourci

Publié le par Anne Anta. Alpha et Omega

Quand le ventre s’arrondit et qu’on ne soupçonne ni graisse ni gestation, la plupart des propriétaires pensent aux parasites internes. Ils imaginent déjà le ventre de leur cheval, de leur poulain ou de leur âne grouillant de vers et se précipitent vers un vermifuge toutes options.

Mais revenons à la réalité, la quantité de parasites nécessaire à une augmentation de volume au point que cela soit perceptible du « premier coup d’œil » sera mortelle si vous procédez au vermifuge sans suivi vétérinaire. En effet, Parascaris spp., la seule famille de parasites capable de faire « gonfler » suffisamment un équidé, est aussi capable de boucher le tube digestif quand le vermifuge fera effet. La colique d’obstruction fatale n’est donc pas rare quand on vermifuge un équidé littéralement « bourré de vers ».

Heureusement, ces cas sont rares et la plupart des « gros ventres » n’ont rien de commun avec les parasites.

Mais alors pourquoi ce conseil est-il si fréquent et parfois appliqué par des vétérinaires ?

Le gros ventre et le vermifuge, c’est l’histoire d’un raccourci.

Tout commence avec un gros ventre issu d’une surconsommation de fourrages grossiers, d’un ralentissement du transit, d’une inflammation du tube digestif, d’un trouble hépatique, d’une malnutrition protéique, d’une péritonite, de lésions vasculaires, de tumeurs…

Toutes les causes citées ci-dessus ne sont pas les seules, mais en les citant, on a cité la plupart des cas (hors obésité). Or dans tous ces cas, les parasites ne sont généralement pas responsables. Mais ils risquent, par leur présence, d’aggraver la situation.

Du coup, comme les parasites ne sont pas bénéfiques dans un tel cas, le vermifuge est parfois préconisé.

Et voilà ce que cela donne en raccourci : « gros ventre = vermifuge »

Mais limiter le nombre de parasites n’est pas suffisant et ne permettra pas au cheval de retrouver la ligne… car dans toutes les causes citées ci-dessus, si même les parasites ont participé aux débuts, le vermifuge ne soignera pas l’équidé. Pire, un vermifuge, en tuant les parasites, pourrait faire empirer les choses.

Un gros ventre ce n’est donc pas une histoire de vers ou même de vermifuge.

C’est le signe qu’il faut consulter pour éliminer les nombreuses hypothèses de causes et adopter l'alimentation et les soins nécessaires pour rétablir la situation, en utilisant parfois, en complément, un vermifuge pour aider l’équidé.

Anne ANTA

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