Lipides vs glucides : un transfert nutritionnel non sans conséquences. (Partie 1)

Publié le par François Kaeffer. Editions Alpha et Omega

La guerre aux sucres est déclarée ! Avec une fougue et une passion dévorante (à défaut d'un autre mot) pour leur élimination et le tout soutenu mordicus contre les obstinés de la mélasse, les afficionados de la betterave sucrière et les inconditionnels de Cannes... du sucre pas du tapis rouge, bien sûr !

Hélas, il ne suffit pas d'une déclaration emphatique (qui possède une certaine logique puisque les chevaux sont sujets à des troubles métaboliques tournant autour de la gestion des sucres) pour se libérer des contraintes techniques que cela entraîne.
En effet, sans énergie pas de vie. Or il n'existe que 3 manières d'apporter de l'énergie : les glucides (sucres, pour les intimes), les lipides et les protéines. Chacune présente leurs avantages et leurs inconvénients.

Un cas particulier : les fibres. En effet, les « fibres » correspondent à la cellulose qui un polysaccharide constitué de glucose mais comme il est métabolisé seulement par les bactéries intestinales lesquels produisent des acides gras volatils eux-mêmes métabolisés par le cheval.

L'élimination des sucres oblige à passer à une autre forme d'énergie et les lipides sont la source privilégiée d'énergie de deuxième intention. Nous allons donc essayer de comparer métaboliquement et physiologiquement les changements que cela suppose.

Biochimiste dans l'âme, nous allons commencer par un comparatif simplifié des voies métaboliques, c'est-à-dire un comparatif sur la production d'énergie, de déchet à éliminer, des produits nécessaires et la vitesse de ces voies.

Les glucides passent par ce que l'on appelle la glycolyse, 10 réactions biochimiques entraînant la transformation d'1 molécule de glucose en 2 molécules de pyruvate puis passage, en voie aérobie, par l'acétyl coenzyme A (ou acétyl CoA) pour entrer dans le cycle de Krebs puis vers la chaîne respiratoire.

La production d'énergie qui se traduit biochimiquement par l'ATP (adénosine triphosphate) peut être calculée et, même si tous les auteurs ne sont pas d'accord en fonction des méthodes de transport des molécules du cytosol vers la mitochondrie (siège du cycle de Krebs et de la chaîne respiratoire), de l'efficacité de la chaîne respiratoire... nous sommes traditionnellement entre 36 et 38 ATP par molécule de glucose mais des calculs plus juste donne 30 ATP pour une molécule de glucose. Nous allons rester sur 30 ATP pour rester sur une base fixe de calcul.

Les lipides ont un catabolisme se traduisant par des cycles d'oxydation, lorsque l'on parle de bêta-oxydation, coupant l'acide gras 2 carbones par 2 de manière à produire l'acétyl CoA et de nouveau passer par le cycle de Krebs et la chaîne respiratoire.

Au final, tout dépend de la taille de l'acide gras mais une oxydation complète d'une molécule d'acide gras C18 (comprenant 18 carbones) d'après mes calculs correspond à 8 cycles d'oxydation donnant finalement 120 ATP... 4 fois plus pour une oxydation complète

D'ailleurs, cette différence se constate sur les kilos calories pour 1 g : environ 4,2 glucides et 9,4 pour les lipides.

Les lipides sont nettement plus concentrés que le glucose et d'un point de vue alimentaire pour le cheval 100 ml d'huile correspond à 0,3 UFC.

François Kaeffer

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