Stop : gérer la convalescence du cheval côté physique

Publié le par Anne ANTA. Editions Alpha et Omega

Le verdict est tombé, votre cheval doit maintenant se reposer pour guérir. Entre les soins, parfois très désagréables, et l'interdiction de faire un mouvement déplacé, la période de convalescence du cheval peut rapidement devenir compliquée à gérer pour un propriétaire.

Entre la volonté de prendre soin de son cheval et la crainte d'en faire trop ou pas assez, il y a souvent de quoi être perdu.

La convalescence de votre cheval va généralement se dérouler en trois phases.

Tout d'abord, il va y avoir le choc, c'est la phase juste après le traumatisme, la chirurgie, les premiers soins... où il y a la fatigue, la douleur et un corps qui est le plus souvent à même de gérer la crise. Dans cette phase, le vétérinaire est le premier à vous apporter des solutions car l'objectif c'est la santé physique.

Cette phase d'urgence derrière soi, le cheval débute une phase de récupération. Il est alors important d'alléger la sollicitation de l'organisme et c'est dans cette phase que le vétérinaire vous conseillera généralement de limiter l'alimentation au strict minimum, de placer dans le plus strict repos.

Si cette phase est courte (moins d'une semaine), elle peut se confondre avec la phase suivante,  sa gestion pose alors peu de soucis et on peut se contenter d'appliquer des mesures d'urgence. Votre cheval n'aura pas eu le temps de trop souffrir et les contraintes seront vite oubliées par l'organisme. L'alimentation pourra progressivement revenir à un niveau normal de cheval sans travail. Le cas classique, c'est la castration sans complication.

Mais quand la chirurgie a été lourde, que le traumatisme est important, cette phase de récupération est suivie d'une phase de reconstruction. Le cheval a alors récupéré de sa fatigue, mais il doit subir des soins sur le long terme et être accompagné ou restreint dans ses mouvements.

Dès 2 semaines d'arrêt, l'organisme va prendre en compte cet arrêt d'activité et va modifier sa façon de fonctionner : destruction des muscles, impact sur les articulations, circulation sanguine modifiée, changements dans l'organisation tissulaire pour répondre aux nouvelles contraintes, modification de la gestion des nutriments...

Il est alors important de ne pas rester sur l'allégement alimentaire préconisé lors d'une urgence et d'entamer un véritable soutien de l'organisme. L'aspect minéral ne doit pas être négligé tant pour les carences que les excès. Les tissus ont besoin des apports alimentaires pour se former, se modifier, ce n'est donc pas une bonne idée de restreindre le cheval.

Et s'il est trop gros, ne le mettez pas au régime strict pour "en profiter", outre les impacts métaboliques, cela va impacter le moral de votre cheval et cela peut ralentir la guérison voire l'empêcher. Une alimentation raisonnée et fractionnée qui l'occupe toute la journée est préférable.

Qui dit gros problème avec arrêt forcé, dit souvent impact sur le tube digestif. Réalisez les changements d'alimentation ou d'environnement aussi progressivement que possible.

Beaucoup vous parleront de toxines, de drainage... attention à ne pas demander à l'organisme un effort qu'il ne pourrait pas soutenir en lui demandant de traiter plus vite des toxines qui l'encombrent ou en lui demandant d'en traiter d'autres (la plupart des produits stimulants ne font que rajouter du travail temporairement). Un drainage sur un cheval en convalescence, c'est un acte que le vétérinaire doit valider et surveiller avec vous.

Un cheval en convalescence ne peut rester totalement immobile et dès qu'il pourra ne serait-ce que bouger l'encolure ou la lèvre, il faudra le lui demander, avec douceur et patience. Dès qu'un pas est possible, on peut lui demander de bouger dans son espace, faire bouger ses articulations. Un cheval qui ne bouge pas est un cheval qui va perdre ses muscles, perdre la qualité de ses articulations, adopter des positions pour se soulager (ou antalgiques), créer des zones de tension inadéquates et avoir des complications tant en terme de cicatrisation qu'au niveau de l'ensemble du corps... ou dans la tête.

La suite sur la gestion du mental dans un prochain article.

Anne ANTA

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Photo d'un bandage sur un poulain. Tous droits réservés à Techniques d'élevage

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