Les zones d'intérêt parasitaire : penser son parcellaire

Publié le par Anne ANTA. Editions Alpha et Omega

Rotations, aménagement de pâtures, paddock paradise, paddock, paturage permanent... il est rare que l'on aborde la question de la gestion des espaces de vie du cheval en considérant les parasites.

A Techniques d'élevage, nous considérons que si on ne peut pas toujours avoir la pâture de ses rêves, il est néanmoins intéressant de savoir ce que l'on peut en attendre et ce que l'on doit surveiller.

Les parasites sont des êtres dont on ne sait pas grand chose, mais ce que l'on sait c'est qu'ils ne voient pas le monde comme nous. Et afin de vous offrir un aperçu de leur monde à eux, nous vous proposons de réfléchir sur un plan de pâture imaginaire, sans voisin, ni tas de fumier...

Schéma d'un parcellaire pour chevaux hypothétique - tous droits réservés à Techniques d'élevage

Schéma d'un parcellaire pour chevaux hypothétique - tous droits réservés à Techniques d'élevage

Légende du schéma : Abris (1), râtelier à foin (2), abreuvoir (3), bosquets (4), cours d'eau (5), chemin en terre carrossable (6), clôture à gauche et porte à droite (7).

 

A partir de ce parcellaire tout simple, nous pouvons définir des zones "d'intérêt parasitaires", ces zones auront une gestion différenciée car elles possèderont des caractéristiques propres. Les parasites qui seront présents dans deux zones différentes ne seront pas sensibles de la même manière et, parfois, ne constitueront pas des populations regroupant les mêmes espèces.

Schéma commenté d'un parcellaire pour chevaux hypothétique - tous droits réservés à Techniques d'élevage

Schéma commenté d'un parcellaire pour chevaux hypothétique - tous droits réservés à Techniques d'élevage

Dans le schéma réalisé ci-dessus, vous retrouvez des zones différentes identifiées par couleur et lettre pour plus de visibilité.

A : zone de présence permanente des chevaux, espace où on va avoir une forte concentration de parasites expulsés, c'est une zone qu'il va falloir rendre impropre au développement parasitaire pour éviter la réinfestation. C'est aussi une zone où manger au sol n'est pas une bonne idée si celui-ci n'est pas régulièrement nettoyé.

B : ce sont des espaces secs avec support et possibilités pour les chevaux de consommer au sol ou de s'abreuver, ce sont des zones à traiter en cas de présence d'oxyures et dans lesquelles l'hygiène doit être rigoureuse. Pour les autres familles de parasites, ces zones sont hostiles la plupart du temps.

C : ce sont des zones humides où l'herbe est généralement plus protégée du piétinement et peut atteindre une hauteur supérieure à la surface pâturée. Ce sont des zones pâturées quand l'herbe vient à manquer et dans lesquelles les parasites vont se réfugier quand les conditions climatiques leur seront défavorables.

D et E : il s'agit de zones de pâturages avec un niveau parasitaire différent en raison de la présence du chemin carrossable qui crée une barrière pour certaines espèces parasitaires, contrairement à la clôture qui elle va même parfois aider les parasites à aller dans les pâtures adjacentes.

Pour avoir une rotation réelle, il faut tenir compte des ces zones et aller d'une pâture D à une pâture E et inversement. Par contre, passer d'une pâture E à sa voisine E n'est pas une rotation parasitaire dans le cas présent. Ces rotations resteront également forcément insuffisantes dans le contexte présenté si la zone A est propice au maintien et au développement parasitaire.

Cet exercice est à mener avec votre propre parcellaire pour mieux comprendre les enjeux parasitaires de votre situation.

Une fois que les zones sont déterminées, il faut prendre en compte les habitudes et les pratiques pour moduler et mettre en évidence les modifications à réaliser pour améliorer la situation parasitaire.

Anne ANTA 

Apprenez à gérer votre parasitisme au quotidien avec Techniques d'élevage :  https://anneetcat.wixsite.com/techniques-elevage/analyse-risque-parasitaire-equin