Les propriétés médicinales : parfois un grand fourre-tout ?

Publié le par François Kaeffer. Editions Alpha et Omega

On dit qu’une plante (ou une molécule) possède des propriétés hypotensives, veinotoniques, anti-inflammatoires, de draineur hépatorénal… Termes on ne peut plus normaux mais peut-être un tantinet courts pour un choix éclairé de telle ou telle plante ou complément.

Nous ne saurions présenter en un article ce qui prend à d’autres des livres entiers mais  nous allons prendre un exemple concret : la comparaison de l’activité anti-inflammatoire du Cassis et de la Reine des prés.

Deux plantes connues pour leurs activités inflammatoires sur les articulations mais pourtant leurs actions vont différer et nos attentes vont devoir être revues.

Pour rappel, d’un point de vue moléculaire, l’inflammation, caractérisée par les 4 signes cardinaux (chaleur et rougeur correspondant à la vasodilatation, gonflement correspondant à l’œdème et douleur) se passe en 4 étapes, dans cet ordre :

1. Histamine, sérotonine. Ces deux molécules permettant le démarrage de l’inflammation avec pour l’histamine les premiers symptômes : prurit et vasodilatation.

2. Prostaglandines, Leucotriènes, Thromboxanes, TNF-α : un ensemble complexe de molécules qui permettent la sensation de douleur, de maintenir et amplifier la vasodilatation, d’activer et d’assurer un chemin chimique afin d’amener les globules blancs vers le site de l’inflammation.

3. Interleukine-1 (ou IL-1), IL6 puis les autres.

4. Bradykinines

 L’activité de nos deux plantes sont nettement différentes :

La Reine des prés doit son action anti-inflammatoire aux composés salicylées par inhibition de la cyclo-oxygénase (COX), une enzyme impliquée dans la première étape de la transformation de l’acide arachidonique en prostanoïdes. De plus, ses principaux ellagitannins inhibent l’histidine oxydase limitant, de ce fait, la production de l’histamine. 

Le Cassis a montré que les prodelphinidols inhibent la production de la prostaglandine E2 par les chondrocytes (cellules du cartilage), stimulent la production de protéoglycanes et de collagènes et inhibe l’expression la migration des globules blancs. Cette dernière information n’est pas encore totalement expliquée mais ce serait l’action du cassis sur l’adhésion cellulaire au niveau de l’endothélium des vaisseaux sanguins.

La distinction est donc nette : la Reine des prés bloque l’expression moléculaire de l’inflammation tandis que le cassis fait essentiellement un blocage de l’arrivée des globules blancs par une action sur les vaisseaux sanguins.  

Pour le Cassis, nous ne saurions attendre une efficacité aussi rapide que la Reine des prés. En effet, le temps que la limitation des globules blancs, et petit à petit du nombre de molécules proinflammatoires, n’engendre un dégonflement est nettement supérieur au temps nécessaire à la Reine des prés de briser la chaîne moléculaire maintenant l’inflammation.

Du point de vue de l’inflammation, la Reine des prés gagne haut la main sur la vitesse et l’efficacité de l’action. Cependant, l’action de stimulation de la production de protéoglycanes et de collagènes du Cassis est très intéressante pour la reconstruction, ce que n’a pas la Reine des prés.

Jusque-là, nous étions à un comparatif mais dans le cas d’une association, nous constatons que ces plantes ne se gênent pas dans leurs activités respectives, elle est donc profitable.

François Kaeffer

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MAJ septembre 2021

Cheval de concours. Techniques d'élevage (R) Tous droits réservés

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